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Je sais pas ce que je veux faire plus tard

astronauteHier, j’ai croisé un enfant que je connaissais :
– Hey ça fait longtemps, alors t’es en quelle classe maintenant ?
– J’suis en 5ème.
– Ah génial et…
Et là je lui pose cette question fatidique. Cette fameuse question que tout le monde te pose au moins une fois dans ta vie.
Pour ma défense, c’était plus pour la forme qu’autre chose :
et tu veux faire quoi plus tard ?

Je m’en suis voulu de lui poser cette question à la con car je suis le premier à la détester.
Cette question n’a aucun sens à 12 ans. Même à 20 ans, elle n’en a pas beaucoup plus…
Et puis franchement, j’ai l’impression qu’elle n’en a jamais vraiment eu pour moi…

Quand j’étais petit, je me souviens que je voulais être astronaute.
Je dévorais les livres sur les différentes planètes, les fusées…
Quoi de plus cool que de pouvoir quitter la terre et partir à l’aventure vers l’infini et l’au delà comme dirait l’autre ?
Puis un jour, mon professeur de mathématique m’a parlé d’infini et j’ai vite décroché.
Les mauvaises notes m’ont fait redescendre sur terre alors que mon rêve, lui, s’envolait.

Au collège, la pression commençait déjà à monter avec le stage professionnel obligatoire.
Et oui à 13 ans, t’es sensé savoir ce que tu veux faire de ta vie.
J’ai fait au plus simple en tapant à la porte du commerçant le plus proche de chez moi : Vidéo Futur ( R.I.P )
Apparemment, la société ne l’avait elle, clairement pas anticipé.

Au lycée, je détestais autant cette question récurrente que les suites du même nom.
Qu’est ce que tu veux faire plus tard ?
Moi j’entendais :
Dans quelle case on doit te mettre ?  
Je sais pas. Vraiment, je sais pas et je veux pas savoir.
Tout ce que je savais c’est que je voulais faire un métier qu’on pouvait facilement visualiser.
Oui c’est exactement ça, je voulais un métier qu’un enfant de 5 ans pourrait mimer.
Exemple type : Pompier.
Il y a le feu, tu prends le tuyau, pschitt pschitt, y’a plus de feu. ( ouais je sais, j’ai encore une marge de progression en bruitage )
Syllogisme juridique :
y’a du feu, l’eau éteint le feu, y’a plus de feu.
Et puis surtout, c’est un métier utile à la société.
Autre exemple de métier pour lequel j’ai une profonde admiration :
La boulangère qui fait les chouquettes.
Cette personne ne le sait peut-être pas, mais elle change ma vie au quotidien.
Mais ce que je voulais surtout pas faire, c’est tous ces métiers où personne comprend en quoi ça consiste.
– Tu fais quoi toi ?
– Je suis consultant;
– Moi je suis dans la com’;
– Et moi je bosse dans le marketing…

J’ai rien contre le marketing mais disons que si sans toi, on a plus les jeux de mots sur les bouteilles d’eau du Monoprix bah on va pas se mentir, c’est pas la mer à boire.

Alors, comme tous ceux qui ne savaient pas ce qu’ils voulaient faire, j’ai fait un Bac S.
Ce bac qui te te laisse toutes les portes ouvertes.
Les fameuses portes ouvertes…
J’ai toujours imaginé un grand couloir des métiers  par filière :
S je visualisais un beau couloir avec de jolies portes aux noms prestigieux : Médecine, Lettres, Droit, Biologie…
Et si je ne faisais pas S, la Boule de Fort Boyard viendrait pour claquer des portes. Et sérieusement, ce mec fait flipper.
Pour les STMG, j’imaginais un petit couloir aussi sombre que sinistre avec une seule petite porte genre celle du lapin dans Alice.
Le souci, c’est qu’à force d’avoir toutes les portes ouvertes, on n’ose plus en fermer.

Puis un beau jour, je suis allé rencontrer des avocats.
Ils m’ont expliqué que : pour rentrer dans un GRAND cabinet il faudra ravaler sa dignité et bosser jusqu’à pas d’heure.
Et Dieu sait que pas d’heure, ça fait beaucoup.
Tout ça pour avoir une grosse paie pour payer la nounou qui jouera avec MES enfants.
Aujourd’hui, je ne sais toujours pas ce que je veux faire plus tard… mais j’ai déjà la chance de savoir ce que je veux faire l’année prochaine.
C’est pas grand chose mais comme le disait mon héro d’enfance : un petit pas pour l’homme…

N’oubliez pas de sourire 🙂

 
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Publié par le 9 juin 2016 dans Chroniques

 

Comment expliquer les coutumes juives ?

Ah les coutumes…
C’est pas quelque chose de propre à ma religion.
Les chrétiens ont eux aussi leurs coutumes bizarres :
– Mangez le corps du christ sous forme d’une chips Pringles.
– Buvez du vin c’est mon sang.
– Allez chercher des œufs en chocolats dans mon jardin… ( sauf peut-être celui de Ligonnès )
Non, ça encore c’est sympa. ( les chocolats, pas Xavier )
Les musulmans ne sont pas épargnés non plus.
Quand moi je comptais les moutons avant de dormir, j’en connais qui les égorger.
J’suis désolé mais… ça fait flipper un peu.

Et chez les juifs alors ?
Nous avons aussi des coutumes un peu chelou.
Je sais pas si vous connaissez ce moment où tu prends conscience de la chose.
Ou tu te dis que d’un regard extérieur t’es pas très crédible quand même.
Moi je me dis souvent à ce moment là :
si Sophie du travail me voyait… Boaliya ….elle me prendrait pour un fou

Et voici donc mon top 3 des coutumes bizarres :

1/  L’achat du premier né par le Cohen.

La première fois où j’ai assisté à cette « cérémonie » c’était en Israël.
Dans la famille Cohen, je demande …
Mon père :
– Yoram, ce soir je vais faire la bénédiction du fils du voisin tu viens ? Yora(m) à manger.
Mon père me connait bien, la bouffe c’est un facteur à prendre en compte..
Quand j’arrive chez les voisins, je me dirige direct vers les mini pizzas.
(Soyons honnête, les mini pizzas c’est le nerf de la guerre d’une bonne réception.)
Au moment même où je croque ma pizza, je vois le bébé débarquer sur un plateau en argent.
Choqué, je lâche mon olive et pars me rasoir.
Le bébé fait alors le tour de l’assemblée sur le plateau et chaque personne lui met des bling-bling dessus.
Des bracelets en or, des colliers, des montres…
Une fois seulement en 50 cents, mon père le bénit.

2/ La levée de la Torah

Le Shabbat, à un moment de la prière, un mec plutôt baraque soulève la Torah devant toute l’assemblée qui chante à l’unisson une chanson en montrant la bible du doigt.
Et moi depuis que je suis tooooout petit petit à ce moment je rigole parce que je pense à la scène de Toy story et du grappin :A partir de 0.30

3/ La recherche du hamtez

Pendant une semaine, à Pessah nous n’avons plus le droit de manger de pain ni de pâte.
Et juste avant  le début de cette fête on a coutume de jouer à cache cache avec le pain.
Sérieusement, c’est vraiment ça.
On cache des bouts de pains dans la maison, et on atteint les lumières.  Puis on part en famille les rechercher avec une bougie..  Un peu comme si on avait perdu un petit chat dans la forêt.

 
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Publié par le 12 décembre 2015 dans Chroniques

 

Comment parler du conflit israelo palestinien et s’en sortir vivant

Ce titre est bien trop long.
Pas sur de faire le buzz avec ce thème.
Promis, la prochaine fois vous verrez des chats, des bébés, et des poneys.
Empilés.
Bref, avant de parler de ce conflit, il faut déjà déterminer AVEC qui tu en parles…

Avec des juifs :

Je la redoutais depuis le début du dîner mais elle vient d’atterrir devant moi.
Brace yourself Israel is comming.
Vous rentrez dans une zone de turbulences.
L’inévitable discussion sur le conflit en Palestine  Israël.
Cette fameuse terre où les larmes coulent quelques fois plus souvent que le lait et le miel.
Je le sais, à partir de maintenant, je vais devoir faire attention à ce que je dis.
Un seul mot de travers et je me mets la moitié des convives à dos.
Et puis surtout, je veux rester jusqu’au dessert.
Alors je prends la sage décision d’écouter mais de ne pas intervenir, comme un agent de L’ONU.israel-palestine-small
J’entends le fanatique de la bande mélanger politique et religion dans une bouillabaisse indigeste.
Il dit des trucs à faire pâlir la famille Borgia et les tarés de la lessive.
J’ai envie de dire un truc mais non je ne dois pas.

Yoram fais pas le con, tu vas foutre la merde….
Pense au dessert….
Je marche peut-être sur des oeufs, mais lui marche certainement sur la tête.

J’ai de plus en plus envie d’intervenir alors je me gave de hala ( pain traditionnelle qui ressemble à Harry’s, la brioche, pas le chanteur ) pour me calmer.
Peut-on étouffer quelqu’un avec la mie de la hala ?
Je peux plus tenir, je suis dos au mur alors je dis un truc un peu critique pour équilibrer le débat.
Gros blanc dans la conversation.
Des paroles et… fin de l’acte.
J’ai eu le malheur de tenir un propos pro-palestinien alors David me sort  :
– Attends attends Yoram, t’es pas pour Israël ?
– Non mais les gars c’est pas de l’Eurovision dont on parle…
J’essaie de détendre l’atmosphère en disant à David qu’il serait mieux placé pour me jeter la pierre s’il s’appelait Ararat.
Il rigole pas.
Un peu tôt pour les vannes.
J’ai bien l’impression que je peux dire bye bye au dessert…

Avec des non juifs  :

Soyons honnête, une grande partie s’en fiche.
Et je les comprends.
Pour eux le moyen orient c’est un gros bordel.
La Syrie, Daesh, le virus Ebola, Inception, Finkelkraut, ils y comprennent rien.
Et puis de toute manière ils s’en foutent.
Bien sûr qu’ils s’en foutent, de toute façon c’est loin et ils partent en vacances en Bretagne.
C’est comme les tensions entre la Chine, le Japon, le Tibet, la Corée du Sud…
Du moment que Sushi Shop livre à la bonne heure…
Pareil pour Israël, du moment que l’As du Fallafel est ouvert, tout va bien.

N’oubliez pas de sourire 🙂

 

Quoi répondre aux clichés sur les juifs ?

C’est pas toujours facile d’être juif.
Vous me direz c’est pas plus facile d’être français, surtout à l’Eurovision.
Un juif doit souvent répondre aux clichés.
Et moi je réponds… comme je peux.

« Non mais les juifs vous êtes tous riches »

Un indémodable et je soupçonne La vérité si je mens d’y être indirectement responsable.
Honnêtement, je ne compte plus le nombres fois où j’ai entendu cette phrase.
Quand on me dit ça, j’essaie de trouver des exemples de juifs pauvres pour prouver le contraire. l_taxation-75-pour-cent-echos-figaro-un-million-euros-celibataire
Mais bien sûr, les premiers juifs qui me viennent à l’esprit sont blindés :
Gad Elmaleh, Arthur, Madoff.
Ouais nan… plus Madoff.
Alors je pense à des quartiers où les juifs ne sont pas riches :
Créteil, Sarcelles, Bagneux…
Mais je sais bien que ça ne convaincra jamais personne.
Puis tout d’un coup, j’ai une idée !
Moi-même !
Mais je me rends vite compte que je porte une veste The Kooples et que je tiens un Iphone 9 + S   entre les mains.
J’suis peut-être pas le meilleur exemple…
J’aurais beau dire que j’ai attendu autant de temps que l’hiver dans Game of Thrones pour me payer cette veste et que j’ai un contrat location-vente de 5 ans chez la pomme…
Ça ne convaincra jamais personne.
D’un côté, je ne connais pas un seul pauvre qui revendique haut et fort sa religion.
C’est pas comme si t’allais croiser un SDF dans le métro avec une pancarte :
J’ai faim.
#JeSuisJuif.

Puis je trouve ENFIN quoi répondre à cette personne :
– Tu sais quoi, si j’étais riche, je ne serais pas en train de bosser à 7 heures du mat’ dans une école élémentaire, mais dans mon lit à compter mes billets…

 » Les juifs vous vivez entre vous, vous êtes vachement communautaire »

Alors oui bien sûr qu’il y a des juifs qui préfèrent vivre entre eux.
Et cela pour diverses raisons anthropologiques et sociologiques ( promis, j’arrête…s’il vous plait continuez à lire ça va aller).
Cependant, il y a des quartiers juifs vachement ouverts si on se donne la peine de les connaitre ( les quartiers… les juifs aussi cela dit ).
Le 19 e est un bon exemple, le marais est aussi un quartier très trop ouvert même.
Mais à vrai dire ce cliché m’énerve particulièrement car il éclipse une communauté :
Les chinois.
Franchement à côté des chinois, les juifs c’est la fête des voisins.
Alors je voudrais qu’on prenne le temps, ensemble, de parler des chinois…

Je travaillais dans une école du 13e où y’avait QUE des chinois.
Et dans cette école les enfants avaient tous des prénoms biiiiiiien français.
Mais… français des années 40 :
Jacques, Jean-claude, Albert.
Mieux encore, certains parents donnaient 
carrément des prénoms juifs à leur enfants ( c’est pas une blague ).
Je connaissais des enfants de 4 ans chinois comme il se doit, s’appelant :
Isaac, Samuel, Yaakov.
Sérieusement, ils sont trop forts ces chinois…

 » Franchement, on peut rigoler sur tout le monde mais on dirait qu’on peut pas rigoler sur les juifs wesh »

C’est faux.
Bien sûr qu’on PEUT rigoler sur les juifs…
tant que c’est un feuj qui fait la blague.
Et encore…

N’oubliez pas de sourire 🙂

PS : Bon je reprends ce que je faisais avant cet article moi :
800, 900, 1000 euros…

 

Pourquoi je travaille plus avec les colos juives

Restez calme.
Ne me faites pas un procès pour antisémitisme tout de suite.
Pas la peine d’appeler le CRIF, la LDJ de mes couilles ou Manuel Valls.
Je parle en connaissance de cause, à chaque fois que j’ai bossé avec des feuj je me suis fait carotte.
Pour preuve, voici les 3 étapes récurrentes d’une carotte…

> L’entretien d’embauche

J’avais, il y a pas si longtemps, un entretien d’embauche pour diriger une colonie.
L’entretien avait lieu à l’autre bout de Paris, dans le 17e ( venant de banlieue, le 17 e c’est l’autre bout de Paris ).
En chemin, j’ai le temps de finir 2 saisons de Game of Thrones et de trouver les prénoms de mes futurs enfants.

Episode 6 scene 15 Quand je me pointe au rendez-vous, le mec me demande  :
– T’as des questions ?
Je lui réponds :
– Bah non je pensais que c’était d’abord à vous de présenter votre colo, vos attentes…
– Pas la peine, je reviens d’une bar mitsva je suis K.O. Je te fais confiance, t’as une bonne tête.
Voilà l’entretien était fini, j’étais ravi d’avoir fait 2H de transport pour ça.

Un autre jour quand j’arrive à l’entretien, le mec me fait :
– C’est une quoi ta montre ?
– euh Fossil, pourquoi ?
– Non elle est pas mal c’est tout,  et dis-moi tu fais Shabbat toi ?

Bha oui, pourquoi faire des transitions ?

( Je ne vais pas vous mentir, quand on me pose une question sur ma religion c’est un peu comme si on me demandait  :
– tu portes quoi comme caleçons ?
C’est vachement personnel.
C’est pas le genre de truc que je dirai au premier venu ( Boxer Dim 100% coton ).
Alors je sais bien que si je dois bosser avec un organisme juif, la question de la pratique religieuse peut se poser.
Mais dés le début de l’entretien je trouve ça tendu.
C’est sensible comme sujet, tu peux pas balancer ça comme ça.
C’est un peu comme si durant un dîner, tu lançais juste avant le dessert  :
– Alors Sophie, à ce qui paraît t’es pas très Charlie  ?… )

Bref, reprenons le fil de la conversation :
– Et dis-moi tu fais shabbat toi ?
– Euh… non plus trop, pourquoi ?
– Pour savoir c’est tout… T’es comment avec ton judaïsme ?
What da fuck ?
Je suis « comment » avec mon judaïsme ?
Et t’es comment avec ton français  ?
– Ça va, on se tolère. Enfin, y’a des hauts et des bas…
– Ouais bien sûr je comprends…. Et tu m’as dit au téléphone que t’avais postulé chez Yanniv aussi c’est ça ?
– Oui
– Et on te paie combien chez Yanniv ?
– euh pourquoi vous me demandez ça… C’est privé un peu. Vous me payez combien vous ?
Il sourit :
– Plus.

Ce mec mériterait honnêtement un rôle dans le nouveau La vérité si je mens.

> Le centre aéré

J’ai travaillé en tant qu’animateur pour un centre aéré très religieux.
Très religieux comment ?
Disons que dés le premier jour j’ai failli être viré parce que j’avais mis ma kippa dans ma poche pour jouer au foot.
Religieux comme ça.
Le genre de centre bien plus fermé qu’aéré.
Et un jour, il y avait une kermesse d’organisée avec plein de stands pour les enfants.
Il y avait, entre autre, un stand maquillage.
Je m’approche de la jeune fille et lui demande si elle peut me faire un chat sur le visage.
Elle me répond le plus sérieusement du monde :
– Non je ne peux pas c’est pas un animal casher.
– Non mais on s’en fout je veux pas le manger, je veux juste des moustaches de chat.
– Pas le droit, pas casher.
– Non mais y’a pas marqué : tu ne dessineras pas de moustaches de chat dans la bible ou c’est qu’on a pas lu le même tome.
– Pas casher…. Mais si vous voulez je peux vous faire un papillon.
– Ah parce que les papillons sont casher ?!…

( En 13 lettres,  attitude opposée à la diffusion du savoir, de la raison, du progrès. )

> La rémunération

Toute ma vie on m’a fait croire que les juifs étaient riches.
Je vais casser un mythe et un cliché qui perdure encore et encore mais…
Je n’ai jamais été aussi mal payé que chez les juifs.
Je vais même aller plus loin…
Payer 200 euros un animateur pour un mois de colo, c’est de l’esclavagisme.
C’est puni par la Cour européenne des droits de l’homme.
Non mais parce qu’ils paient 200 euros les animateurs quand la colo coûte 1500 e pour les enfants.
200 euros…
Même Apple prend des marges moins grandes.
Et je me souviens, quand j’étais animateur et que j’osais faire :
« ouais enfin c’est pas super bien payé… »
On me répondait  TOUJOURS cette réplique 
surréaliste :

– Yoram Yoram… Tu adores animer oui ?
– Oui…
– Eba voilà, c’est un kiffe ton travail avec les enfants, et en plus tu pars en vacances, donc franchement, la paie c’est du bonus.

FAUX ( comme dirait l’autre )

Je veux dire, est-ce que quelqu’un a déjà fait à un chirurgien :

– Dr Cohen vous savez quoi ? On va vous prendre au sein de notre clinique et concernant la paie…
C’est un kiffe pour vous la chirurgie n’est ce pas  ? On m’a même dit que petit, vous étiez un champion au Docteur Maboul.
Alors 900 euros net c’est du bonus on est d’accord ?

N’oubliez pas de sourire 🙂

 

Mes techniques pour impressionner le correcteur en examen

Je vais vous dire un truc.
J’ai fait des choses dont je ne suis pas fier.

Sur ma copie d’examen…. justice

J’écris les trois dernières phrases de ma copie super bien.
C’est un mouvement tactique assez efficace je trouve.
Le correcteur lira ça en dernier et aura une superbe impression de ma copie.
Du moins en théorie.
J’y mets donc toute l’implication et l’application nécessaire.
Mes 3 dernières phrases sont tout simplement magnifiques.
Mes L s’envolent comme des ballons de baudruche, mes O sont parfaits comme si j’avais un compas sous la main, et mes F on dirait des clés de sol.
Mes mots ont la primeur et l’élégance des dictées d’école.
Le probleme c’est que je suis un peu grillé…
Evidemment, quand on jette un oeil au  reste de ma copie….
On dirait un médecin avec Parkinson qui l’a écrite.
J’ai l’impression d’être un agent immobilier qui montrerait en dernier une salle de bain flamboyante quand le reste de l’appart’ est miteux.

Ma dernière phrase est toujours un peu philosophique.
Ça me permet de faire croire que je suis intelligent ( alors que bon tout le monde sait que même chez les cons j’suis pas le premier )
Pour cette technique, il vous suffit juste de vous mettre dans la peau de la voix off de Zone interdite.
Je suis sûr que c’est dans vos cordes.
Il faut teaser comme dans une bande annonce.
Du style :
L’indemnisation est bien sûr favorable à la victime, mais est-ce toujours le cas ?…
Le service public est-t’il aujourd’hui toujours le garant de l’intérêt general ?..
L’administration oublie t’elle ce qu’est la justice dans un Etat de droit ?
Comme le disait Bruel, qui, qui a le droit ?
Et puis surtout :
Qui peut dire je t’aime… donc je suis ? ( quuiiiiii peut direeee )

Je meuble.
Dans toutes les études littéraires, il faut savoir meubler.
Quelques fois, je meuble tellement  bien que je sais même plus ce que je voulais dire.
J’évalue à chaque fois mes connaissances ( pas grand chose ) et ce que je dois combler ( beaucoup trop ).
Pour cela, je joue sur plusieurs leviers  :

le suspense > J’allume le mec. Je le mets en suspense de connaissance. Tu sais que je sais, mais je te fais mijoter un peu avant de te balancer ce que je sais.
50 nuances de gris > Je dis la même chose de façon différente. A savoir doser tout de même. Le correcteur n’est pas non plus handicapé.
Les adverbes > hypothétiquement, écrit en gros il te comble une phrase direct et même le trou de la sécu.

A la fin de mes études, je m’attends presque à avoir une double License :  Droit / DRH chez casto’

Je fais des ratures pour pas que le prof’ sache que je ne savais pas orthographier un mot.
un L ou deux ? Un E ou un S ?
Dans ce cas, j’écris le S  puis je le barre à moitié.
Genre c’est mal écrit.
Ou je fais un tout petit  E.
C’est la technique de la feinte de lettre.

N’oubliez pas de sourire 🙂

 
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Publié par le 5 mai 2015 dans Chroniques

 

Le jour où j’ai voulu me faire adopter

Il faisait très beau et la mer scintillait de 1000 feux.
Sur cette île de Vendée rien ne pouvait perturber la quiétude des lieux.
Quoi que si justement…
70 enfants le pouvaient.

J’étais directeur adjoint d’une colonie à Noirmoutier. Ricore
Les enfants mourraient de chaud et de soif.
Il n’y avait plus d’eau et les toilettes les plus proches étaient cassés.
Je prends deux jerricans vides et pars à la recherche d’une maison qui voudrait bien me les remplir.
Et j’aperçois, surplombant la plage, cette villa incroyable avec une terrasse débordant sur l’horizon.
Je m’approche et sonne à la porte.
Je lis sur la boite au lettre : Gautier.
Evidemment…
J’entends une douce voix qui lance :
– J’arrive !
Et je vois apparaître devant moi une bombe atomique de 20 ans.
Belle belle belle comme le jour…
belle belle belle comme l’amour…
Ah non, pas encore lui !

– Vous avez besoin de quelque chose ?
Les votes étaient clos .
Son sourire venait d’emporter mon cœur à l’unanimité.
Je prends une petite seconde pour reprendre mes moyens, mes esprits, ma vie en main.
– Euh wow.
Bonsoir…. Euh Bonjour. Je dis n’importe quoi mais avec vous aussi c’est le jour et la nuit.
Je… Je suis responsable d’une colonie et malheureusement on a plus d’eau pour les enfants donc je me demandais si…
– Mais bien sûr, entrez, entrez.

Je rentre et là je comprends.
J’ai en face de moi :
La famille parfaite.
Celle qui fait les pubs pour le Club Med ou Belambra.
Elle existait pour de vrai ce n’était plus un mythe.
Je vois les enfants jouer dans la piscine et les parents sur 2 transats en train de bronzer.
Mais pas en train de bronzer dégueulasse avec de l’huile qui coule sur un short Simpson.
Non non pas du tout.
Ils étaient en train de bronzer avec Élégance.
Et limite, je ne serais pas plus étonné que ça si j’apprenais que c’était le prénom de la maman.
Le papa lui était chic.
Chaussures bateau, Marinière, un livre posé négligemment sur une table basse.
Le mec il se fait classe pour le soleil.

La fille me demande de la suivre.
Une chanson se déclenche dans ma tête.
Jean Pierre François chantait :
Je te survivraiiiiii !
( alors autant dans les années 80, il y avait de bons textes, autant là les paroles c’est pas ça.
Même Booba fait mieux. )

Elle me fait rentrer dans la cuisine et m’apporte un verre d’eau.
– Voilà pour vous et vous avez le lavabo juste là pour remplir vos bouteilles.
– Merci beaucoup c’est parfait.
J’entends le père dehors qui fait :
– Constance chérie, tu veux faire un rando’ vélo ce soir ?
– Oui papa avec plaisir.
Constance…
Ça en jette Constance.
Constance c’est comme Cohen, c’est un gage de qualité.

Un jour un père juif voulait me faire rencontrer sa fille alors je lui demande comment elle s’appelle :
– Shoshana
Shoshana ça se rapproche de shoushouka.
Et moi je vous dis, dés qu’une fille a un prenom qui se rapproche trop d’une spécialité culinaire séfarade c’est pas bon signe.


La fille me raccompagne à la porte.
Je ne veux pas partir.
Je veux pas retourner sur la plage avec tous les enfants.
Je veux rester avec Constance, le papa marinière et Élégance.
Je jette un dernier coup d’œil à la terrasse, à la piscine, au papa chaussure bateau.
Moi aussi je veux faire le truc vélo là.
S’il vous plait je veux venir avec vous.
Adoptez-moi.
Adoptez un juif.
Je peux faire le jardin, les devoirs des enfants, je peux même faire les répliques de Gad Elmaleh.
La fille referme la porte en disant :
– N’hésitez pas à revenir si vous avez besoin
– Mmh j’y penserai je vous l’assure. 

J’y pense encore…

N’oubliez pas de sourire 🙂

 
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Publié par le 13 avril 2015 dans Chroniques

 
 
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