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Archives Mensuelles: mars 2015

J’ai couru un semi

Je n’ai jamais été quelqu’un de sportif.
Je me souviens qu’en terminale, je m’asseyais au milieu du stade et je lisais mon bouquin pendant que mes camarades couraient.
Je les regardais avec scepticisme.
Il faut être fou, ou carrément maso pour se lever le matin dans le froid et courir en rond.

Puis j’ai voulu changer.
Pourquoi ne serais-je pas quelqu’un de sportif après tout ?

J’ai commencé par courir 15 minutes.image1
Puis 30 minutes.
Puis je me suis inscrit à mon premier 10 kilomètres.
Puis mon premier semi.
Si je peux courir 5, je peux courir 10, si je peux courir 10 je peux courir 15, si je peux 15 je peux 20.
J’ai rejoint des groupes de running pour rester motivé et j’ai rencontré des personnes adorables.
J’y allais juste après les cours pour revoir des amis.
Courir n’était plus qu’accessoire.
J’ai débattu de tout et de rien le long de la Seine après les cours.
J’avais l’impression d’être Superman :
étudiant le jour, coureur la nuit.

Je me suis entraîné seul aussi, car les groupes ne suffisent pas.
Qu’il pleuve ou qu’il vente.
Faut pas se poser trop de questions, sinon tu sors pas de la maison.
Je ne compte plus le nombre de podcasts d’histoire que j’ai écoutés…
Franck Ferrand ne le sait peut-être pas mais il a bercé ma réussite.
Tout comme Bob Marley, David Guetta et Drake.
Il faut s’entraîner, rester motivé, et aussi quelque chose d’autre.
Ce petit quelque chose qui fait la différence.
L’acharnement.
Ce brin de folie qui ne te fait pas lâcher, même si t’as mal.

J’ai l’impression que courir est la seule chose « folle » socialement admissible.
Tu cours sans raison et personne ne te calcule pour la simple raison que t’es en basket.
Quand tu cours, tu cours vers un toi meilleur.
C’est une merveilleuse métaphore de la vie.
Ne rien lâcher, s’entraîner, échouer, recommencer, douter, croire, réussir.
Chaque run est un combat.
Un combat entre ta volonté et le doute.
Le doute c’est cette petite voix sournoise qui te fait :
t’es pas fait pour ça, tu n’y arriveras pas, t’es pas assez fort, t’as mal, t’es fatigué…
La volonté te dit :
ta force elle vient de moi, t’es le meilleur, tes jambes supporteront la douleur je t’assure.
Plus tu cours, plus ta volonté gagne de la place au détriment du doute.
Plus je courais et plus je détruisais la gueule du doute.

Puis hier, me voilà enfin au semi.
Comme des milliers de personnes je suis là pour faire taire le doute.
Tous ces entraînements pour ce jour-J.
Je stresse c’est vrai, et le doute est bien là sur la ligne de départ.
Mais je suis prêt.
Je pense pas au 21k non, je pense au bout de la rue.
Je dois aller au bout de la putain de rue à chaque fois.
Ma volonté m’emmène jusqu’au 15em, et mes jambes prennent le relais jusqu’à l’arrivée.
Dans les derniers kilomètres il y a de plus en plus de personnes par terre, entourées du Samu.
Ne les regarde pas Yoram, regarde devant toi, toujours devant toi.
Quand je cours je vois la foule qui m’encourage, qui me porte, qui m’emporte.
Je ne peux pas m’arrêter.
Je ne suis pas seul, il y a ces personnes avec moi.
Des anonymes me sourient et me crient :
Va-y Yoram lâche rien, jusqu’au bout !
Un gosse nous accompagne et court avec nous sur 100 mètres.
Des enfants me tapent dans la main avec un grand sourire.
Je représente plus que ma petite personne, et ces personnes le savent je pense.
C’est pour ça qu’ils sont là aussi.
Tous ces coureurs…
On représente l’espoir.
L’espoir que tout est possible, tout.
Il suffit juste d’aller de l’avant, juste au bout de la rue.

N’oubliez pas de courir. 😉

 
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Publié par le 8 mars 2015 dans Chroniques

 
 
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