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Archives Mensuelles: avril 2015

Le jour où j’ai voulu me faire adopter

Il faisait très beau et la mer scintillait de 1000 feux.
Sur cette île de Vendée rien ne pouvait perturber la quiétude des lieux.
Quoi que si justement…
70 enfants le pouvaient.

J’étais directeur adjoint d’une colonie à Noirmoutier. Ricore
Les enfants mourraient de chaud et de soif.
Il n’y avait plus d’eau et les toilettes les plus proches étaient cassés.
Je prends deux jerricans vides et pars à la recherche d’une maison qui voudrait bien me les remplir.
Et j’aperçois, surplombant la plage, cette villa incroyable avec une terrasse débordant sur l’horizon.
Je m’approche et sonne à la porte.
Je lis sur la boite au lettre : Gautier.
Evidemment…
J’entends une douce voix qui lance :
– J’arrive !
Et je vois apparaître devant moi une bombe atomique de 20 ans.
Belle belle belle comme le jour…
belle belle belle comme l’amour…
Ah non, pas encore lui !

– Vous avez besoin de quelque chose ?
Les votes étaient clos .
Son sourire venait d’emporter mon cœur à l’unanimité.
Je prends une petite seconde pour reprendre mes moyens, mes esprits, ma vie en main.
– Euh wow.
Bonsoir…. Euh Bonjour. Je dis n’importe quoi mais avec vous aussi c’est le jour et la nuit.
Je… Je suis responsable d’une colonie et malheureusement on a plus d’eau pour les enfants donc je me demandais si…
– Mais bien sûr, entrez, entrez.

Je rentre et là je comprends.
J’ai en face de moi :
La famille parfaite.
Celle qui fait les pubs pour le Club Med ou Belambra.
Elle existait pour de vrai ce n’était plus un mythe.
Je vois les enfants jouer dans la piscine et les parents sur 2 transats en train de bronzer.
Mais pas en train de bronzer dégueulasse avec de l’huile qui coule sur un short Simpson.
Non non pas du tout.
Ils étaient en train de bronzer avec Élégance.
Et limite, je ne serais pas plus étonné que ça si j’apprenais que c’était le prénom de la maman.
Le papa lui était chic.
Chaussures bateau, Marinière, un livre posé négligemment sur une table basse.
Le mec il se fait classe pour le soleil.

La fille me demande de la suivre.
Une chanson se déclenche dans ma tête.
Jean Pierre François chantait :
Je te survivraiiiiii !
( alors autant dans les années 80, il y avait de bons textes, autant là les paroles c’est pas ça.
Même Booba fait mieux. )

Elle me fait rentrer dans la cuisine et m’apporte un verre d’eau.
– Voilà pour vous et vous avez le lavabo juste là pour remplir vos bouteilles.
– Merci beaucoup c’est parfait.
J’entends le père dehors qui fait :
– Constance chérie, tu veux faire un rando’ vélo ce soir ?
– Oui papa avec plaisir.
Constance…
Ça en jette Constance.
Constance c’est comme Cohen, c’est un gage de qualité.

Un jour un père juif voulait me faire rencontrer sa fille alors je lui demande comment elle s’appelle :
– Shoshana
Shoshana ça se rapproche de shoushouka.
Et moi je vous dis, dés qu’une fille a un prenom qui se rapproche trop d’une spécialité culinaire séfarade c’est pas bon signe.


La fille me raccompagne à la porte.
Je ne veux pas partir.
Je veux pas retourner sur la plage avec tous les enfants.
Je veux rester avec Constance, le papa marinière et Élégance.
Je jette un dernier coup d’œil à la terrasse, à la piscine, au papa chaussure bateau.
Moi aussi je veux faire le truc vélo là.
S’il vous plait je veux venir avec vous.
Adoptez-moi.
Adoptez un juif.
Je peux faire le jardin, les devoirs des enfants, je peux même faire les répliques de Gad Elmaleh.
La fille referme la porte en disant :
– N’hésitez pas à revenir si vous avez besoin
– Mmh j’y penserai je vous l’assure. 

J’y pense encore…

N’oubliez pas de sourire 🙂

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Publié par le 13 avril 2015 dans Chroniques

 

Déjà 3 mois

Déjà 3 mois et je ne comprends pas.
J’avais écrit quelques statuts Facebook sous le coup de l’émotion.
Quelques mots désordonnés pour essayer de donner du sens.images

Déjà 3 mois et j’ai pas oublié non.
Et pourtant, je continue à vivre comme si de rien n’était.
Je retourne manger dans les restos casher avec la faim plutôt que la peur au ventre.
Je dis bien comme si de rien n’était…
Car bien sûr que les choses ont changé.
Devant ma synagogue il y a 4 mecs armés comme si c’était le siège de la CIA.
Y’a rien de fou à l’intérieur :
une Torah, des livres de prières, un peu de bouffe, un baby foot, une table de ping-pong.
Et quand je vois ma petite synagogue de Cachan protégée comme une prison j’ai bien peur que nos prières y reste coincées.
A l’intérieur, il manque un sourire, il manque une personne à qui je disais Shabbat shalom le vendredi soir.
C’est aussi simple que cela.

Déjà 3 mois, et j’ai l’impression qu’un drame en efface un autre.
Ma tête comme un tableau Veleda sur lequel on écrirait d’un feutre indélébile une atrocité sur l’autre.
Je suis Charlie, je suis juif, je suis flic, je suis A 380, je suis chrétien d’orient,   je suis Kenyan, je suis bleu ou jaune ?
Je suis perdu.

Et puis surtout…
Comment peut-on persister à appeler un meurtre de masse un suicide ?
Le suicide par definition c’est mettre fin à SA  vie, pas à celle des autres.
Je pense à ces personnes rentrées dans l’avion en mettant inconsciemment leur vie entre les mains du co-pilot.
Alors que lui a consciemment mis la sienne au dessus des leurs.
Mais il était dépressif !
Mais sa copine l’a quitté !

Avant l’amour donnait des ailes, apparemment la dépression les reprend.
Peut-être avait-il mal compris le principe du suicide assisté ?
Qu’on ne me fasse pas croire que le suicide est un appel au secours…
Le co-pilot était-il sourd aux cris des autres ?

Déjà 3 mois et je comprends toujours pas.
Primo Levi disait que comprendre c’est excuser.
Alors non je comprends pas.
Et c’est sûrement mieux ainsi.

 
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Publié par le 7 avril 2015 dans Chroniques

 

Tinder surprise

J’ai téléchargé Tinder.
Je vous laisse jeter un œil sur Google pour ceux qui ne connaissent pas avant de commencer.Tinder_machine (1)
J’ouvre l’application et je fais ce qui est demandé :
je mets les belles d’un côté et les moches de l’autre avec la curieuse impression d’être un ministre nazi démontrant  pourquoi l’eugénisme est essentiel au troisième Reich.
Je ne me sens pas plus coupable que ça.
Je me prends pour un roi sorti d’un conte des 1001 nuits qui choisirait sa reine dans un Harem.
Ou un proxénète qui choisit son coup.
Tout est question d’interprétation vous savez ( demandez aux frères Kouachi).
Je passe pas plus de 1 seconde par photo, on gagne en rapidité ce qu’on perd en romantisme.
Puis je me fais cette réflexion :

Que se passerait-il si je me mariais un jour avec une fille rencontrée sur Tinder ?
Imaginons que mon fils me demande un jour :

– Euh papa on peut parler. J’aurais besoin d’un conseil en fait…
( y’a des chances que je réponde :
Va demander à maman !
Mais c’est une fiction, imaginons donc que je sois un bon père de famille )
– Bien sûr fiston, il se passe quoi ?
– Bha voilà, en fait je suis amoureux d’une fille et je sais pas comment faire pour… Enfin tu sais… J’la connais pas mais j’l’aime bien et j’aimerais bien qu’elle m’aime bien aussi en retour.
( alors oui, mon fils aura quelques petits problèmes de syntaxe, mais c’est ce qui fera tout son charme)
– Mmh je vois… Elle vaut le coup au moins ?
– Bha elle me plait quoi c’est suffisant…
– Malheureusement oui c’est suffisant…
– D’ailleurs papa, dis-moi comment t’as rencontré maman toi ?

Et à ce moment là deux possibilités s’offrent à moi :

– J’ai conquis son cœur, mais j’étais à un doigt  de la perdre à tout jamais.
( je m’en sors honorablement )

ou

– J’étais aux toilettes et j’ai vu ta maman en photo sur Tinder… Bon la photo était trouble et en noir et blanc mais elle avait l’air aarchhiiiii bien fichu donc je l’ai mise du côté des bonnasses. Allez, finis ton steak maintenant.

J’ai supprimé Tinder.

N’oubliez pas de 🙂

PS : je brise un tabou mais les garçons mettent toutes les filles du côté  » des biens » sur Tinder car  » on sait jamais ».
Moi ma copine ne sera pas « on sait jamais » je vous l’assure.

 
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Publié par le 3 avril 2015 dans Chroniques

 
 
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