RSS

Archives Mensuelles: juin 2016

Je sais pas ce que je veux faire plus tard

astronauteHier, j’ai croisé un enfant que je connaissais :
– Hey ça fait longtemps, alors t’es en quelle classe maintenant ?
– J’suis en 5ème.
– Ah génial et…
Et là je lui pose cette question fatidique. Cette fameuse question que tout le monde te pose au moins une fois dans ta vie.
Pour ma défense, c’était plus pour la forme qu’autre chose :
et tu veux faire quoi plus tard ?

Je m’en suis voulu de lui poser cette question à la con car je suis le premier à la détester.
Cette question n’a aucun sens à 12 ans. Même à 20 ans, elle n’en a pas beaucoup plus…
Et puis franchement, j’ai l’impression qu’elle n’en a jamais vraiment eu pour moi…

Quand j’étais petit, je me souviens que je voulais être astronaute.
Je dévorais les livres sur les différentes planètes, les fusées…
Quoi de plus cool que de pouvoir quitter la terre et partir à l’aventure vers l’infini et l’au delà comme dirait l’autre ?
Puis un jour, mon professeur de mathématique m’a parlé d’infini et j’ai vite décroché.
Les mauvaises notes m’ont fait redescendre sur terre alors que mon rêve, lui, s’envolait.

Au collège, la pression commençait déjà à monter avec le stage professionnel obligatoire.
Et oui à 13 ans, t’es sensé savoir ce que tu veux faire de ta vie.
J’ai fait au plus simple en tapant à la porte du commerçant le plus proche de chez moi : Vidéo Futur ( R.I.P )
Apparemment, la société ne l’avait elle, clairement pas anticipé.

Au lycée, je détestais autant cette question récurrente que les suites du même nom.
Qu’est ce que tu veux faire plus tard ?
Moi j’entendais :
Dans quelle case on doit te mettre ?  
Je sais pas. Vraiment, je sais pas et je veux pas savoir.
Tout ce que je savais c’est que je voulais faire un métier qu’on pouvait facilement visualiser.
Oui c’est exactement ça, je voulais un métier qu’un enfant de 5 ans pourrait mimer.
Exemple type : Pompier.
Il y a le feu, tu prends le tuyau, pschitt pschitt, y’a plus de feu. ( ouais je sais, j’ai encore une marge de progression en bruitage )
Syllogisme juridique :
y’a du feu, l’eau éteint le feu, y’a plus de feu.
Et puis surtout, c’est un métier utile à la société.
Autre exemple de métier pour lequel j’ai une profonde admiration :
La boulangère qui fait les chouquettes.
Cette personne ne le sait peut-être pas, mais elle change ma vie au quotidien.
Mais ce que je voulais surtout pas faire, c’est tous ces métiers où personne comprend en quoi ça consiste.
– Tu fais quoi toi ?
– Je suis consultant;
– Moi je suis dans la com’;
– Et moi je bosse dans le marketing…

J’ai rien contre le marketing mais disons que si sans toi, on a plus les jeux de mots sur les bouteilles d’eau du Monoprix bah on va pas se mentir, c’est pas la mer à boire.

Alors, comme tous ceux qui ne savaient pas ce qu’ils voulaient faire, j’ai fait un Bac S.
Ce bac qui te te laisse toutes les portes ouvertes.
Les fameuses portes ouvertes…
J’ai toujours imaginé un grand couloir des métiers  par filière :
S je visualisais un beau couloir avec de jolies portes aux noms prestigieux : Médecine, Lettres, Droit, Biologie…
Et si je ne faisais pas S, la Boule de Fort Boyard viendrait pour claquer des portes. Et sérieusement, ce mec fait flipper.
Pour les STMG, j’imaginais un petit couloir aussi sombre que sinistre avec une seule petite porte genre celle du lapin dans Alice.
Le souci, c’est qu’à force d’avoir toutes les portes ouvertes, on n’ose plus en fermer.

Puis un beau jour, je suis allé rencontrer des avocats.
Ils m’ont expliqué que : pour rentrer dans un GRAND cabinet il faudra ravaler sa dignité et bosser jusqu’à pas d’heure.
Et Dieu sait que pas d’heure, ça fait beaucoup.
Tout ça pour avoir une grosse paie pour payer la nounou qui jouera avec MES enfants.
Aujourd’hui, je ne sais toujours pas ce que je veux faire plus tard… mais j’ai déjà la chance de savoir ce que je veux faire l’année prochaine.
C’est pas grand chose mais comme le disait mon héro d’enfance : un petit pas pour l’homme…

N’oubliez pas de sourire 🙂

 
Poster un commentaire

Publié par le 9 juin 2016 dans Chroniques

 
 
%d blogueurs aiment cette page :