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Archives de Catégorie: Chroniques

Je sais pas ce que je veux faire plus tard

astronauteHier, j’ai croisé un enfant que je connaissais :
– Hey ça fait longtemps, alors t’es en quelle classe maintenant ?
– J’suis en 5ème.
– Ah génial et…
Et là je lui pose cette question fatidique. Cette fameuse question que tout le monde te pose au moins une fois dans ta vie.
Pour ma défense, c’était plus pour la forme qu’autre chose :
et tu veux faire quoi plus tard ?

Je m’en suis voulu de lui poser cette question à la con car je suis le premier à la détester.
Cette question n’a aucun sens à 12 ans. Même à 20 ans, elle n’en a pas beaucoup plus…
Et puis franchement, j’ai l’impression qu’elle n’en a jamais vraiment eu pour moi…

Quand j’étais petit, je me souviens que je voulais être astronaute.
Je dévorais les livres sur les différentes planètes, les fusées…
Quoi de plus cool que de pouvoir quitter la terre et partir à l’aventure vers l’infini et l’au delà comme dirait l’autre ?
Puis un jour, mon professeur de mathématique m’a parlé d’infini et j’ai vite décroché.
Les mauvaises notes m’ont fait redescendre sur terre alors que mon rêve, lui, s’envolait.

Au collège, la pression commençait déjà à monter avec le stage professionnel obligatoire.
Et oui à 13 ans, t’es sensé savoir ce que tu veux faire de ta vie.
J’ai fait au plus simple en tapant à la porte du commerçant le plus proche de chez moi : Vidéo Futur ( R.I.P )
Apparemment, la société ne l’avait elle, clairement pas anticipé.

Au lycée, je détestais autant cette question récurrente que les suites du même nom.
Qu’est ce que tu veux faire plus tard ?
Moi j’entendais :
Dans quelle case on doit te mettre ?  
Je sais pas. Vraiment, je sais pas et je veux pas savoir.
Tout ce que je savais c’est que je voulais faire un métier qu’on pouvait facilement visualiser.
Oui c’est exactement ça, je voulais un métier qu’un enfant de 5 ans pourrait mimer.
Exemple type : Pompier.
Il y a le feu, tu prends le tuyau, pschitt pschitt, y’a plus de feu. ( ouais je sais, j’ai encore une marge de progression en bruitage )
Syllogisme juridique :
y’a du feu, l’eau éteint le feu, y’a plus de feu.
Et puis surtout, c’est un métier utile à la société.
Autre exemple de métier pour lequel j’ai une profonde admiration :
La boulangère qui fait les chouquettes.
Cette personne ne le sait peut-être pas, mais elle change ma vie au quotidien.
Mais ce que je voulais surtout pas faire, c’est tous ces métiers où personne comprend en quoi ça consiste.
– Tu fais quoi toi ?
– Je suis consultant;
– Moi je suis dans la com’;
– Et moi je bosse dans le marketing…

J’ai rien contre le marketing mais disons que si sans toi, on a plus les jeux de mots sur les bouteilles d’eau du Monoprix bah on va pas se mentir, c’est pas la mer à boire.

Alors, comme tous ceux qui ne savaient pas ce qu’ils voulaient faire, j’ai fait un Bac S.
Ce bac qui te te laisse toutes les portes ouvertes.
Les fameuses portes ouvertes…
J’ai toujours imaginé un grand couloir des métiers  par filière :
S je visualisais un beau couloir avec de jolies portes aux noms prestigieux : Médecine, Lettres, Droit, Biologie…
Et si je ne faisais pas S, la Boule de Fort Boyard viendrait pour claquer des portes. Et sérieusement, ce mec fait flipper.
Pour les STMG, j’imaginais un petit couloir aussi sombre que sinistre avec une seule petite porte genre celle du lapin dans Alice.
Le souci, c’est qu’à force d’avoir toutes les portes ouvertes, on n’ose plus en fermer.

Puis un beau jour, je suis allé rencontrer des avocats.
Ils m’ont expliqué que : pour rentrer dans un GRAND cabinet il faudra ravaler sa dignité et bosser jusqu’à pas d’heure.
Et Dieu sait que pas d’heure, ça fait beaucoup.
Tout ça pour avoir une grosse paie pour payer la nounou qui jouera avec MES enfants.
Aujourd’hui, je ne sais toujours pas ce que je veux faire plus tard… mais j’ai déjà la chance de savoir ce que je veux faire l’année prochaine.
C’est pas grand chose mais comme le disait mon héro d’enfance : un petit pas pour l’homme…

N’oubliez pas de sourire 🙂

 
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Publié par le 9 juin 2016 dans Chroniques

 

Comment expliquer les coutumes juives ?

Ah les coutumes…
C’est pas quelque chose de propre à ma religion.
Les chrétiens ont eux aussi leurs coutumes bizarres :
– Mangez le corps du christ sous forme d’une chips Pringles.
– Buvez du vin c’est mon sang.
– Allez chercher des œufs en chocolats dans mon jardin… ( sauf peut-être celui de Ligonnès )
Non, ça encore c’est sympa. ( les chocolats, pas Xavier )
Les musulmans ne sont pas épargnés non plus.
Quand moi je comptais les moutons avant de dormir, j’en connais qui les égorger.
J’suis désolé mais… ça fait flipper un peu.

Et chez les juifs alors ?
Nous avons aussi des coutumes un peu chelou.
Je sais pas si vous connaissez ce moment où tu prends conscience de la chose.
Ou tu te dis que d’un regard extérieur t’es pas très crédible quand même.
Moi je me dis souvent à ce moment là :
si Sophie du travail me voyait… Boaliya ….elle me prendrait pour un fou

Et voici donc mon top 3 des coutumes bizarres :

1/  L’achat du premier né par le Cohen.

La première fois où j’ai assisté à cette « cérémonie » c’était en Israël.
Dans la famille Cohen, je demande …
Mon père :
– Yoram, ce soir je vais faire la bénédiction du fils du voisin tu viens ? Yora(m) à manger.
Mon père me connait bien, la bouffe c’est un facteur à prendre en compte..
Quand j’arrive chez les voisins, je me dirige direct vers les mini pizzas.
(Soyons honnête, les mini pizzas c’est le nerf de la guerre d’une bonne réception.)
Au moment même où je croque ma pizza, je vois le bébé débarquer sur un plateau en argent.
Choqué, je lâche mon olive et pars me rasoir.
Le bébé fait alors le tour de l’assemblée sur le plateau et chaque personne lui met des bling-bling dessus.
Des bracelets en or, des colliers, des montres…
Une fois seulement en 50 cents, mon père le bénit.

2/ La levée de la Torah

Le Shabbat, à un moment de la prière, un mec plutôt baraque soulève la Torah devant toute l’assemblée qui chante à l’unisson une chanson en montrant la bible du doigt.
Et moi depuis que je suis tooooout petit petit à ce moment je rigole parce que je pense à la scène de Toy story et du grappin :A partir de 0.30

3/ La recherche du hamtez

Pendant une semaine, à Pessah nous n’avons plus le droit de manger de pain ni de pâte.
Et juste avant  le début de cette fête on a coutume de jouer à cache cache avec le pain.
Sérieusement, c’est vraiment ça.
On cache des bouts de pains dans la maison, et on atteint les lumières.  Puis on part en famille les rechercher avec une bougie..  Un peu comme si on avait perdu un petit chat dans la forêt.

 
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Publié par le 12 décembre 2015 dans Chroniques

 

Mes techniques pour impressionner le correcteur en examen

Je vais vous dire un truc.
J’ai fait des choses dont je ne suis pas fier.

Sur ma copie d’examen…. justice

J’écris les trois dernières phrases de ma copie super bien.
C’est un mouvement tactique assez efficace je trouve.
Le correcteur lira ça en dernier et aura une superbe impression de ma copie.
Du moins en théorie.
J’y mets donc toute l’implication et l’application nécessaire.
Mes 3 dernières phrases sont tout simplement magnifiques.
Mes L s’envolent comme des ballons de baudruche, mes O sont parfaits comme si j’avais un compas sous la main, et mes F on dirait des clés de sol.
Mes mots ont la primeur et l’élégance des dictées d’école.
Le probleme c’est que je suis un peu grillé…
Evidemment, quand on jette un oeil au  reste de ma copie….
On dirait un médecin avec Parkinson qui l’a écrite.
J’ai l’impression d’être un agent immobilier qui montrerait en dernier une salle de bain flamboyante quand le reste de l’appart’ est miteux.

Ma dernière phrase est toujours un peu philosophique.
Ça me permet de faire croire que je suis intelligent ( alors que bon tout le monde sait que même chez les cons j’suis pas le premier )
Pour cette technique, il vous suffit juste de vous mettre dans la peau de la voix off de Zone interdite.
Je suis sûr que c’est dans vos cordes.
Il faut teaser comme dans une bande annonce.
Du style :
L’indemnisation est bien sûr favorable à la victime, mais est-ce toujours le cas ?…
Le service public est-t’il aujourd’hui toujours le garant de l’intérêt general ?..
L’administration oublie t’elle ce qu’est la justice dans un Etat de droit ?
Comme le disait Bruel, qui, qui a le droit ?
Et puis surtout :
Qui peut dire je t’aime… donc je suis ? ( quuiiiiii peut direeee )

Je meuble.
Dans toutes les études littéraires, il faut savoir meubler.
Quelques fois, je meuble tellement  bien que je sais même plus ce que je voulais dire.
J’évalue à chaque fois mes connaissances ( pas grand chose ) et ce que je dois combler ( beaucoup trop ).
Pour cela, je joue sur plusieurs leviers  :

le suspense > J’allume le mec. Je le mets en suspense de connaissance. Tu sais que je sais, mais je te fais mijoter un peu avant de te balancer ce que je sais.
50 nuances de gris > Je dis la même chose de façon différente. A savoir doser tout de même. Le correcteur n’est pas non plus handicapé.
Les adverbes > hypothétiquement, écrit en gros il te comble une phrase direct et même le trou de la sécu.

A la fin de mes études, je m’attends presque à avoir une double License :  Droit / DRH chez casto’

Je fais des ratures pour pas que le prof’ sache que je ne savais pas orthographier un mot.
un L ou deux ? Un E ou un S ?
Dans ce cas, j’écris le S  puis je le barre à moitié.
Genre c’est mal écrit.
Ou je fais un tout petit  E.
C’est la technique de la feinte de lettre.

N’oubliez pas de sourire 🙂

 
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Publié par le 5 mai 2015 dans Chroniques

 

Le jour où j’ai voulu me faire adopter

Il faisait très beau et la mer scintillait de 1000 feux.
Sur cette île de Vendée rien ne pouvait perturber la quiétude des lieux.
Quoi que si justement…
70 enfants le pouvaient.

J’étais directeur adjoint d’une colonie à Noirmoutier. Ricore
Les enfants mourraient de chaud et de soif.
Il n’y avait plus d’eau et les toilettes les plus proches étaient cassés.
Je prends deux jerricans vides et pars à la recherche d’une maison qui voudrait bien me les remplir.
Et j’aperçois, surplombant la plage, cette villa incroyable avec une terrasse débordant sur l’horizon.
Je m’approche et sonne à la porte.
Je lis sur la boite au lettre : Gautier.
Evidemment…
J’entends une douce voix qui lance :
– J’arrive !
Et je vois apparaître devant moi une bombe atomique de 20 ans.
Belle belle belle comme le jour…
belle belle belle comme l’amour…
Ah non, pas encore lui !

– Vous avez besoin de quelque chose ?
Les votes étaient clos .
Son sourire venait d’emporter mon cœur à l’unanimité.
Je prends une petite seconde pour reprendre mes moyens, mes esprits, ma vie en main.
– Euh wow.
Bonsoir…. Euh Bonjour. Je dis n’importe quoi mais avec vous aussi c’est le jour et la nuit.
Je… Je suis responsable d’une colonie et malheureusement on a plus d’eau pour les enfants donc je me demandais si…
– Mais bien sûr, entrez, entrez.

Je rentre et là je comprends.
J’ai en face de moi :
La famille parfaite.
Celle qui fait les pubs pour le Club Med ou Belambra.
Elle existait pour de vrai ce n’était plus un mythe.
Je vois les enfants jouer dans la piscine et les parents sur 2 transats en train de bronzer.
Mais pas en train de bronzer dégueulasse avec de l’huile qui coule sur un short Simpson.
Non non pas du tout.
Ils étaient en train de bronzer avec Élégance.
Et limite, je ne serais pas plus étonné que ça si j’apprenais que c’était le prénom de la maman.
Le papa lui était chic.
Chaussures bateau, Marinière, un livre posé négligemment sur une table basse.
Le mec il se fait classe pour le soleil.

La fille me demande de la suivre.
Une chanson se déclenche dans ma tête.
Jean Pierre François chantait :
Je te survivraiiiiii !
( alors autant dans les années 80, il y avait de bons textes, autant là les paroles c’est pas ça.
Même Booba fait mieux. )

Elle me fait rentrer dans la cuisine et m’apporte un verre d’eau.
– Voilà pour vous et vous avez le lavabo juste là pour remplir vos bouteilles.
– Merci beaucoup c’est parfait.
J’entends le père dehors qui fait :
– Constance chérie, tu veux faire un rando’ vélo ce soir ?
– Oui papa avec plaisir.
Constance…
Ça en jette Constance.
Constance c’est comme Cohen, c’est un gage de qualité.

Un jour un père juif voulait me faire rencontrer sa fille alors je lui demande comment elle s’appelle :
– Shoshana
Shoshana ça se rapproche de shoushouka.
Et moi je vous dis, dés qu’une fille a un prenom qui se rapproche trop d’une spécialité culinaire séfarade c’est pas bon signe.


La fille me raccompagne à la porte.
Je ne veux pas partir.
Je veux pas retourner sur la plage avec tous les enfants.
Je veux rester avec Constance, le papa marinière et Élégance.
Je jette un dernier coup d’œil à la terrasse, à la piscine, au papa chaussure bateau.
Moi aussi je veux faire le truc vélo là.
S’il vous plait je veux venir avec vous.
Adoptez-moi.
Adoptez un juif.
Je peux faire le jardin, les devoirs des enfants, je peux même faire les répliques de Gad Elmaleh.
La fille referme la porte en disant :
– N’hésitez pas à revenir si vous avez besoin
– Mmh j’y penserai je vous l’assure. 

J’y pense encore…

N’oubliez pas de sourire 🙂

 
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Publié par le 13 avril 2015 dans Chroniques

 

Déjà 3 mois

Déjà 3 mois et je ne comprends pas.
J’avais écrit quelques statuts Facebook sous le coup de l’émotion.
Quelques mots désordonnés pour essayer de donner du sens.images

Déjà 3 mois et j’ai pas oublié non.
Et pourtant, je continue à vivre comme si de rien n’était.
Je retourne manger dans les restos casher avec la faim plutôt que la peur au ventre.
Je dis bien comme si de rien n’était…
Car bien sûr que les choses ont changé.
Devant ma synagogue il y a 4 mecs armés comme si c’était le siège de la CIA.
Y’a rien de fou à l’intérieur :
une Torah, des livres de prières, un peu de bouffe, un baby foot, une table de ping-pong.
Et quand je vois ma petite synagogue de Cachan protégée comme une prison j’ai bien peur que nos prières y reste coincées.
A l’intérieur, il manque un sourire, il manque une personne à qui je disais Shabbat shalom le vendredi soir.
C’est aussi simple que cela.

Déjà 3 mois, et j’ai l’impression qu’un drame en efface un autre.
Ma tête comme un tableau Veleda sur lequel on écrirait d’un feutre indélébile une atrocité sur l’autre.
Je suis Charlie, je suis juif, je suis flic, je suis A 380, je suis chrétien d’orient,   je suis Kenyan, je suis bleu ou jaune ?
Je suis perdu.

Et puis surtout…
Comment peut-on persister à appeler un meurtre de masse un suicide ?
Le suicide par definition c’est mettre fin à SA  vie, pas à celle des autres.
Je pense à ces personnes rentrées dans l’avion en mettant inconsciemment leur vie entre les mains du co-pilot.
Alors que lui a consciemment mis la sienne au dessus des leurs.
Mais il était dépressif !
Mais sa copine l’a quitté !

Avant l’amour donnait des ailes, apparemment la dépression les reprend.
Peut-être avait-il mal compris le principe du suicide assisté ?
Qu’on ne me fasse pas croire que le suicide est un appel au secours…
Le co-pilot était-il sourd aux cris des autres ?

Déjà 3 mois et je comprends toujours pas.
Primo Levi disait que comprendre c’est excuser.
Alors non je comprends pas.
Et c’est sûrement mieux ainsi.

 
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Publié par le 7 avril 2015 dans Chroniques

 

Tinder surprise

J’ai téléchargé Tinder.
Je vous laisse jeter un œil sur Google pour ceux qui ne connaissent pas avant de commencer.Tinder_machine (1)
J’ouvre l’application et je fais ce qui est demandé :
je mets les belles d’un côté et les moches de l’autre avec la curieuse impression d’être un ministre nazi démontrant  pourquoi l’eugénisme est essentiel au troisième Reich.
Je ne me sens pas plus coupable que ça.
Je me prends pour un roi sorti d’un conte des 1001 nuits qui choisirait sa reine dans un Harem.
Ou un proxénète qui choisit son coup.
Tout est question d’interprétation vous savez ( demandez aux frères Kouachi).
Je passe pas plus de 1 seconde par photo, on gagne en rapidité ce qu’on perd en romantisme.
Puis je me fais cette réflexion :

Que se passerait-il si je me mariais un jour avec une fille rencontrée sur Tinder ?
Imaginons que mon fils me demande un jour :

– Euh papa on peut parler. J’aurais besoin d’un conseil en fait…
( y’a des chances que je réponde :
Va demander à maman !
Mais c’est une fiction, imaginons donc que je sois un bon père de famille )
– Bien sûr fiston, il se passe quoi ?
– Bha voilà, en fait je suis amoureux d’une fille et je sais pas comment faire pour… Enfin tu sais… J’la connais pas mais j’l’aime bien et j’aimerais bien qu’elle m’aime bien aussi en retour.
( alors oui, mon fils aura quelques petits problèmes de syntaxe, mais c’est ce qui fera tout son charme)
– Mmh je vois… Elle vaut le coup au moins ?
– Bha elle me plait quoi c’est suffisant…
– Malheureusement oui c’est suffisant…
– D’ailleurs papa, dis-moi comment t’as rencontré maman toi ?

Et à ce moment là deux possibilités s’offrent à moi :

– J’ai conquis son cœur, mais j’étais à un doigt  de la perdre à tout jamais.
( je m’en sors honorablement )

ou

– J’étais aux toilettes et j’ai vu ta maman en photo sur Tinder… Bon la photo était trouble et en noir et blanc mais elle avait l’air aarchhiiiii bien fichu donc je l’ai mise du côté des bonnasses. Allez, finis ton steak maintenant.

J’ai supprimé Tinder.

N’oubliez pas de 🙂

PS : je brise un tabou mais les garçons mettent toutes les filles du côté  » des biens » sur Tinder car  » on sait jamais ».
Moi ma copine ne sera pas « on sait jamais » je vous l’assure.

 
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Publié par le 3 avril 2015 dans Chroniques

 

J’ai couru un semi

Je n’ai jamais été quelqu’un de sportif.
Je me souviens qu’en terminale, je m’asseyais au milieu du stade et je lisais mon bouquin pendant que mes camarades couraient.
Je les regardais avec scepticisme.
Il faut être fou, ou carrément maso pour se lever le matin dans le froid et courir en rond.

Puis j’ai voulu changer.
Pourquoi ne serais-je pas quelqu’un de sportif après tout ?

J’ai commencé par courir 15 minutes.image1
Puis 30 minutes.
Puis je me suis inscrit à mon premier 10 kilomètres.
Puis mon premier semi.
Si je peux courir 5, je peux courir 10, si je peux courir 10 je peux courir 15, si je peux 15 je peux 20.
J’ai rejoint des groupes de running pour rester motivé et j’ai rencontré des personnes adorables.
J’y allais juste après les cours pour revoir des amis.
Courir n’était plus qu’accessoire.
J’ai débattu de tout et de rien le long de la Seine après les cours.
J’avais l’impression d’être Superman :
étudiant le jour, coureur la nuit.

Je me suis entraîné seul aussi, car les groupes ne suffisent pas.
Qu’il pleuve ou qu’il vente.
Faut pas se poser trop de questions, sinon tu sors pas de la maison.
Je ne compte plus le nombre de podcasts d’histoire que j’ai écoutés…
Franck Ferrand ne le sait peut-être pas mais il a bercé ma réussite.
Tout comme Bob Marley, David Guetta et Drake.
Il faut s’entraîner, rester motivé, et aussi quelque chose d’autre.
Ce petit quelque chose qui fait la différence.
L’acharnement.
Ce brin de folie qui ne te fait pas lâcher, même si t’as mal.

J’ai l’impression que courir est la seule chose « folle » socialement admissible.
Tu cours sans raison et personne ne te calcule pour la simple raison que t’es en basket.
Quand tu cours, tu cours vers un toi meilleur.
C’est une merveilleuse métaphore de la vie.
Ne rien lâcher, s’entraîner, échouer, recommencer, douter, croire, réussir.
Chaque run est un combat.
Un combat entre ta volonté et le doute.
Le doute c’est cette petite voix sournoise qui te fait :
t’es pas fait pour ça, tu n’y arriveras pas, t’es pas assez fort, t’as mal, t’es fatigué…
La volonté te dit :
ta force elle vient de moi, t’es le meilleur, tes jambes supporteront la douleur je t’assure.
Plus tu cours, plus ta volonté gagne de la place au détriment du doute.
Plus je courais et plus je détruisais la gueule du doute.

Puis hier, me voilà enfin au semi.
Comme des milliers de personnes je suis là pour faire taire le doute.
Tous ces entraînements pour ce jour-J.
Je stresse c’est vrai, et le doute est bien là sur la ligne de départ.
Mais je suis prêt.
Je pense pas au 21k non, je pense au bout de la rue.
Je dois aller au bout de la putain de rue à chaque fois.
Ma volonté m’emmène jusqu’au 15em, et mes jambes prennent le relais jusqu’à l’arrivée.
Dans les derniers kilomètres il y a de plus en plus de personnes par terre, entourées du Samu.
Ne les regarde pas Yoram, regarde devant toi, toujours devant toi.
Quand je cours je vois la foule qui m’encourage, qui me porte, qui m’emporte.
Je ne peux pas m’arrêter.
Je ne suis pas seul, il y a ces personnes avec moi.
Des anonymes me sourient et me crient :
Va-y Yoram lâche rien, jusqu’au bout !
Un gosse nous accompagne et court avec nous sur 100 mètres.
Des enfants me tapent dans la main avec un grand sourire.
Je représente plus que ma petite personne, et ces personnes le savent je pense.
C’est pour ça qu’ils sont là aussi.
Tous ces coureurs…
On représente l’espoir.
L’espoir que tout est possible, tout.
Il suffit juste d’aller de l’avant, juste au bout de la rue.

N’oubliez pas de courir. 😉

 
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Publié par le 8 mars 2015 dans Chroniques

 
 
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