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Archives de Catégorie: Je parle des juifs car mon nom m’a trahi

Comment parler du conflit israelo palestinien et s’en sortir vivant

Ce titre est bien trop long.
Pas sur de faire le buzz avec ce thème.
Promis, la prochaine fois vous verrez des chats, des bébés, et des poneys.
Empilés.
Bref, avant de parler de ce conflit, il faut déjà déterminer AVEC qui tu en parles…

Avec des juifs :

Je la redoutais depuis le début du dîner mais elle vient d’atterrir devant moi.
Brace yourself Israel is comming.
Vous rentrez dans une zone de turbulences.
L’inévitable discussion sur le conflit en Palestine  Israël.
Cette fameuse terre où les larmes coulent quelques fois plus souvent que le lait et le miel.
Je le sais, à partir de maintenant, je vais devoir faire attention à ce que je dis.
Un seul mot de travers et je me mets la moitié des convives à dos.
Et puis surtout, je veux rester jusqu’au dessert.
Alors je prends la sage décision d’écouter mais de ne pas intervenir, comme un agent de L’ONU.israel-palestine-small
J’entends le fanatique de la bande mélanger politique et religion dans une bouillabaisse indigeste.
Il dit des trucs à faire pâlir la famille Borgia et les tarés de la lessive.
J’ai envie de dire un truc mais non je ne dois pas.

Yoram fais pas le con, tu vas foutre la merde….
Pense au dessert….
Je marche peut-être sur des oeufs, mais lui marche certainement sur la tête.

J’ai de plus en plus envie d’intervenir alors je me gave de hala ( pain traditionnelle qui ressemble à Harry’s, la brioche, pas le chanteur ) pour me calmer.
Peut-on étouffer quelqu’un avec la mie de la hala ?
Je peux plus tenir, je suis dos au mur alors je dis un truc un peu critique pour équilibrer le débat.
Gros blanc dans la conversation.
Des paroles et… fin de l’acte.
J’ai eu le malheur de tenir un propos pro-palestinien alors David me sort  :
– Attends attends Yoram, t’es pas pour Israël ?
– Non mais les gars c’est pas de l’Eurovision dont on parle…
J’essaie de détendre l’atmosphère en disant à David qu’il serait mieux placé pour me jeter la pierre s’il s’appelait Ararat.
Il rigole pas.
Un peu tôt pour les vannes.
J’ai bien l’impression que je peux dire bye bye au dessert…

Avec des non juifs  :

Soyons honnête, une grande partie s’en fiche.
Et je les comprends.
Pour eux le moyen orient c’est un gros bordel.
La Syrie, Daesh, le virus Ebola, Inception, Finkelkraut, ils y comprennent rien.
Et puis de toute manière ils s’en foutent.
Bien sûr qu’ils s’en foutent, de toute façon c’est loin et ils partent en vacances en Bretagne.
C’est comme les tensions entre la Chine, le Japon, le Tibet, la Corée du Sud…
Du moment que Sushi Shop livre à la bonne heure…
Pareil pour Israël, du moment que l’As du Fallafel est ouvert, tout va bien.

N’oubliez pas de sourire 🙂

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Quoi répondre aux clichés sur les juifs ?

C’est pas toujours facile d’être juif.
Vous me direz c’est pas plus facile d’être français, surtout à l’Eurovision.
Un juif doit souvent répondre aux clichés.
Et moi je réponds… comme je peux.

« Non mais les juifs vous êtes tous riches »

Un indémodable et je soupçonne La vérité si je mens d’y être indirectement responsable.
Honnêtement, je ne compte plus le nombres fois où j’ai entendu cette phrase.
Quand on me dit ça, j’essaie de trouver des exemples de juifs pauvres pour prouver le contraire. l_taxation-75-pour-cent-echos-figaro-un-million-euros-celibataire
Mais bien sûr, les premiers juifs qui me viennent à l’esprit sont blindés :
Gad Elmaleh, Arthur, Madoff.
Ouais nan… plus Madoff.
Alors je pense à des quartiers où les juifs ne sont pas riches :
Créteil, Sarcelles, Bagneux…
Mais je sais bien que ça ne convaincra jamais personne.
Puis tout d’un coup, j’ai une idée !
Moi-même !
Mais je me rends vite compte que je porte une veste The Kooples et que je tiens un Iphone 9 + S   entre les mains.
J’suis peut-être pas le meilleur exemple…
J’aurais beau dire que j’ai attendu autant de temps que l’hiver dans Game of Thrones pour me payer cette veste et que j’ai un contrat location-vente de 5 ans chez la pomme…
Ça ne convaincra jamais personne.
D’un côté, je ne connais pas un seul pauvre qui revendique haut et fort sa religion.
C’est pas comme si t’allais croiser un SDF dans le métro avec une pancarte :
J’ai faim.
#JeSuisJuif.

Puis je trouve ENFIN quoi répondre à cette personne :
– Tu sais quoi, si j’étais riche, je ne serais pas en train de bosser à 7 heures du mat’ dans une école élémentaire, mais dans mon lit à compter mes billets…

 » Les juifs vous vivez entre vous, vous êtes vachement communautaire »

Alors oui bien sûr qu’il y a des juifs qui préfèrent vivre entre eux.
Et cela pour diverses raisons anthropologiques et sociologiques ( promis, j’arrête…s’il vous plait continuez à lire ça va aller).
Cependant, il y a des quartiers juifs vachement ouverts si on se donne la peine de les connaitre ( les quartiers… les juifs aussi cela dit ).
Le 19 e est un bon exemple, le marais est aussi un quartier très trop ouvert même.
Mais à vrai dire ce cliché m’énerve particulièrement car il éclipse une communauté :
Les chinois.
Franchement à côté des chinois, les juifs c’est la fête des voisins.
Alors je voudrais qu’on prenne le temps, ensemble, de parler des chinois…

Je travaillais dans une école du 13e où y’avait QUE des chinois.
Et dans cette école les enfants avaient tous des prénoms biiiiiiien français.
Mais… français des années 40 :
Jacques, Jean-claude, Albert.
Mieux encore, certains parents donnaient 
carrément des prénoms juifs à leur enfants ( c’est pas une blague ).
Je connaissais des enfants de 4 ans chinois comme il se doit, s’appelant :
Isaac, Samuel, Yaakov.
Sérieusement, ils sont trop forts ces chinois…

 » Franchement, on peut rigoler sur tout le monde mais on dirait qu’on peut pas rigoler sur les juifs wesh »

C’est faux.
Bien sûr qu’on PEUT rigoler sur les juifs…
tant que c’est un feuj qui fait la blague.
Et encore…

N’oubliez pas de sourire 🙂

PS : Bon je reprends ce que je faisais avant cet article moi :
800, 900, 1000 euros…

 

Pourquoi je travaille plus avec les colos juives

Restez calme.
Ne me faites pas un procès pour antisémitisme tout de suite.
Pas la peine d’appeler le CRIF, la LDJ de mes couilles ou Manuel Valls.
Je parle en connaissance de cause, à chaque fois que j’ai bossé avec des feuj je me suis fait carotte.
Pour preuve, voici les 3 étapes récurrentes d’une carotte…

> L’entretien d’embauche

J’avais, il y a pas si longtemps, un entretien d’embauche pour diriger une colonie.
L’entretien avait lieu à l’autre bout de Paris, dans le 17e ( venant de banlieue, le 17 e c’est l’autre bout de Paris ).
En chemin, j’ai le temps de finir 2 saisons de Game of Thrones et de trouver les prénoms de mes futurs enfants.

Episode 6 scene 15 Quand je me pointe au rendez-vous, le mec me demande  :
– T’as des questions ?
Je lui réponds :
– Bah non je pensais que c’était d’abord à vous de présenter votre colo, vos attentes…
– Pas la peine, je reviens d’une bar mitsva je suis K.O. Je te fais confiance, t’as une bonne tête.
Voilà l’entretien était fini, j’étais ravi d’avoir fait 2H de transport pour ça.

Un autre jour quand j’arrive à l’entretien, le mec me fait :
– C’est une quoi ta montre ?
– euh Fossil, pourquoi ?
– Non elle est pas mal c’est tout,  et dis-moi tu fais Shabbat toi ?

Bha oui, pourquoi faire des transitions ?

( Je ne vais pas vous mentir, quand on me pose une question sur ma religion c’est un peu comme si on me demandait  :
– tu portes quoi comme caleçons ?
C’est vachement personnel.
C’est pas le genre de truc que je dirai au premier venu ( Boxer Dim 100% coton ).
Alors je sais bien que si je dois bosser avec un organisme juif, la question de la pratique religieuse peut se poser.
Mais dés le début de l’entretien je trouve ça tendu.
C’est sensible comme sujet, tu peux pas balancer ça comme ça.
C’est un peu comme si durant un dîner, tu lançais juste avant le dessert  :
– Alors Sophie, à ce qui paraît t’es pas très Charlie  ?… )

Bref, reprenons le fil de la conversation :
– Et dis-moi tu fais shabbat toi ?
– Euh… non plus trop, pourquoi ?
– Pour savoir c’est tout… T’es comment avec ton judaïsme ?
What da fuck ?
Je suis « comment » avec mon judaïsme ?
Et t’es comment avec ton français  ?
– Ça va, on se tolère. Enfin, y’a des hauts et des bas…
– Ouais bien sûr je comprends…. Et tu m’as dit au téléphone que t’avais postulé chez Yanniv aussi c’est ça ?
– Oui
– Et on te paie combien chez Yanniv ?
– euh pourquoi vous me demandez ça… C’est privé un peu. Vous me payez combien vous ?
Il sourit :
– Plus.

Ce mec mériterait honnêtement un rôle dans le nouveau La vérité si je mens.

> Le centre aéré

J’ai travaillé en tant qu’animateur pour un centre aéré très religieux.
Très religieux comment ?
Disons que dés le premier jour j’ai failli être viré parce que j’avais mis ma kippa dans ma poche pour jouer au foot.
Religieux comme ça.
Le genre de centre bien plus fermé qu’aéré.
Et un jour, il y avait une kermesse d’organisée avec plein de stands pour les enfants.
Il y avait, entre autre, un stand maquillage.
Je m’approche de la jeune fille et lui demande si elle peut me faire un chat sur le visage.
Elle me répond le plus sérieusement du monde :
– Non je ne peux pas c’est pas un animal casher.
– Non mais on s’en fout je veux pas le manger, je veux juste des moustaches de chat.
– Pas le droit, pas casher.
– Non mais y’a pas marqué : tu ne dessineras pas de moustaches de chat dans la bible ou c’est qu’on a pas lu le même tome.
– Pas casher…. Mais si vous voulez je peux vous faire un papillon.
– Ah parce que les papillons sont casher ?!…

( En 13 lettres,  attitude opposée à la diffusion du savoir, de la raison, du progrès. )

> La rémunération

Toute ma vie on m’a fait croire que les juifs étaient riches.
Je vais casser un mythe et un cliché qui perdure encore et encore mais…
Je n’ai jamais été aussi mal payé que chez les juifs.
Je vais même aller plus loin…
Payer 200 euros un animateur pour un mois de colo, c’est de l’esclavagisme.
C’est puni par la Cour européenne des droits de l’homme.
Non mais parce qu’ils paient 200 euros les animateurs quand la colo coûte 1500 e pour les enfants.
200 euros…
Même Apple prend des marges moins grandes.
Et je me souviens, quand j’étais animateur et que j’osais faire :
« ouais enfin c’est pas super bien payé… »
On me répondait  TOUJOURS cette réplique 
surréaliste :

– Yoram Yoram… Tu adores animer oui ?
– Oui…
– Eba voilà, c’est un kiffe ton travail avec les enfants, et en plus tu pars en vacances, donc franchement, la paie c’est du bonus.

FAUX ( comme dirait l’autre )

Je veux dire, est-ce que quelqu’un a déjà fait à un chirurgien :

– Dr Cohen vous savez quoi ? On va vous prendre au sein de notre clinique et concernant la paie…
C’est un kiffe pour vous la chirurgie n’est ce pas  ? On m’a même dit que petit, vous étiez un champion au Docteur Maboul.
Alors 900 euros net c’est du bonus on est d’accord ?

N’oubliez pas de sourire 🙂

 

La fois où j’ai cru finir comme Ilan Halimi

Ça faisait 6 mois que j’utilisais UBER et je n’avais jamais eu de problème.
Jusqu’au jour où j’ai sérieusement eu peur.
Je m’en rappelle comme si c’était hier… 931427

C’était une journée pluvieuse et j’avais la flemme de rentrer en RER.
En plus, je venais de recevoir mon salaire et je me prenais pour Nasser Al-Khelaifi.
Bref, j’avais commandé un Uber pop en face de la piscine.
Le mec m’appelle :
– ouais allô t’es où ?
J’ai déjà parlé du tutoiement et à quel point ça me déplaisait…
– Euh bonjour, je suis en face de la piscine.
– Ouais ok, tu peux pas venir à coté, juste en face du RER.
– Bha non le principe d’un chauffeur c’est qu’il vienne te chercher.
– Va y là… bon ok je viens.

A ce moment je me dis que le mec est chelou.
Mais bon, c’est souvent des jeunes qui conduisent chez Uber donc y’a pas de quoi s’inquiéter.
Puis je vois arrivé une GROSSE Mercedes noire avec du rap débordant de la carrosserie.
A l’intérieur, un jeune de 25 ans avec des lunettes de soleil.
Un peu cliché mais bon…
La jeunesse n’est plus ce qu’elle était.
Je monte dans la bagnole et le mec me fait :
– Tu pouvais pas te bouger Cohen ?
Le ‘cohen’ prononcé dans sa bouche me refroidit direct et je commence à flipper.
Je réponds :
– Bha non…
Il murmure :
– Arrête tes conneries.
– Pardon ?
– Nan rien.
Il avance un peu en voiture et coupe le contact.
Moi d’instinct, je mets ma main sur la poignée en espérant qu’il verrouille pas les portes.
Et dans une scène surréaliste, le mec sort de sa caisse et vient ouvrir ma portière pour me dire  :
-Elle est jolie ta veste
( petite minute GQ :
c’est une veste en cuir que j’ai acheté chez All Saints au marais, collection 2014, et oui elle est franchement sympa, surtout les boutons sur le c… pardon je m’égare )
Quand il me dit ça, je crains qu’une chose, c’est qu’il me sorte un calibre.
Je sors rapidement de la caisse et lui fais :
– Je comprends pas y’a un souci ? T’es bizarre un peu…
– Non y’a pas de soucis Cohen , va-y remonte dans la bagnole j’te ramène chez toi.
Et je vous jure que dans ses putain de yeux, les choses étaient pas nets.
Alors je fais :
– Non c’est bon je vais me débrouiller.
Et je me barre.

Je rentre chez moi un peu secoué.
C’est triste à dire ( mais plus rien ne m’attriste laisse moi partir… ) mais j’ai pas le choix.
Non.
J’ai plus le choix.
Je dois changer mon nom.
On ne sait pas sur qui on peut tomber et j’ai pas envie de prendre des risques.
Il me faut une nouvelle identité.
je suis…
JASON BOURNE.
Ouais bon…

Je me connecte sur le site d’UBER et en 2, 3 clics me voilà devant ma future identité.
Je réfléchis quelques minutes car c’est pas tous les jours qu’on a la chance de changer son identité.
quel nom pourrais-je bien prendre ?…
Un nom français ?
Gautier ?

C’est pas mal Gautier, comme les parfums.
Yoram Gautier je suis fou moi.
je vais finir skizo’ c’est pas possible.
Ah mince, il faut que je change mon prénom aussi…
Je prends le bouquin que je suis en train de lire et jette un œil au prénom du personnage principal :
Mathieu ?
J’ai pas une gueule de Mathieu, mais bon.
ça fera l’affaire.
Mathieu Gautier…
Naaa, je suis pas convaincu, je peux mieux faire.

Et pourquoi pas Garnier ?
Comme les shampoings …
Ça claque Garnier, j’ai toujours aimé comment le mec disait le nom à la fin de la pub avec une voix grave.
GARNIER.
Il disait ça avec la fille venant de l’espace en background tellement douce et précieuse et la chanson choubizouzouuuuuuuuuu.
Cette pub est incroyable, je la poste à la fin pour que vous puissiez vous faire votre propre opinion et qu’on puisse en parler lors d’une soirée débat ( cette phrase est incroyablement longue et mal construite).
Y’a pas de shampoings avec un nom juif.
C’est moins glamour…
Vous imaginez :

                Qui prend soin de moi ? Benshoukroun.

Mathieu Garnier c’est vraiment pas mal.
Puis d’un coup je pense à quelque chose de capital.
Ma tête.
Je suis….
Je veux dire on voit bien que je suis pas…
Je suis quand même très…
Vous m’avez compris.
Garnier avec ma tête, ça passe pas une seconde.

un nom rebeu ?
Un feuj qui se prend pour un rebeu, non mais y’a plus de respect là.

Ah mais je sais !
Je le tiens mon nom !

Hier j’ai pris Uber et quand le chauffeur arrive il me fait :
– Bonjour Mr Lopez
Je souris :
– Bonjour. ( THUG LIFE )

Mais maintenant que j’ai une fausse identité, c’est assez drôle de voir ce que certains chauffeurs peuvent me raconter…
J’en parlerai la prochaine fois.

P.S  : ‘Faut que je me lance dans l’écriture de thriller moi !

N’oubliez pas de sourire 🙂

choubizoubizouuu

 
 

La première fois où j’ai eu peur d’être juif

J’ai jamais eu peur ou honte d’être juif.
Au contraire, je suis le genre de gars à le dire dés le début histoire d’être sûr qu’il n’y ait pas de bonne ou mauvaise surprise.
Et pourtant, hier j’ai fait quelque chose que je n’aurais jamais pensé faire avant…
J’ai changé mon nom.Din6165_9899

COHEN.
J’ai toujours aimé mon nom.
J’en étais fier.
Déjà que j’étais pas peu fier de l’histoire de mon peuple…
Inventeur du monothéisme, une royauté emblématique, Superman, Israël,  Menahem Mendel Schneerson, Einstein, mon docteur (et le tiens aussi je parie), Cyril Hanouna, David Guetta, Jésus qui marche sur l’eau, Moise qui la traverse.
Je sais pas comment j’ai mélangé tout ça, mais c’est un beau bordel dans ma tête si vous ne l’aviez pas encore remarqué sur ce blog.
Alors mon nom, j’en suis encore plus fier.
Je vous pose la question :
Si vous aviez le choix entre confier votre fric à un Madoff ou à un Cohen, qui choisiriez-vous ?
COHEN c’est un label de qualité, c’est élu produit de l’année Cohen, un peu comme les poulets, c’est une appellation d’origine contrôlée.
On connait tous un Cohen sympathique :
Sacha Baron, Leonard, Seth,  Patrick, Jean-Michel, Les frères, Harlan ( qui était bien Cohen à l’origine… ).
Quand tu t’appelles Cohen tu as conscience de ta responsabilité.
Il y a une dynastie derrière toi, tu ne peux pas décevoir.

J’ai tellement d’histoires à raconter à propos de mon nom que je pourrais y passer la nuit.
Mais je sais que votre temps est précieux ( alors que le mien… Vous m’imaginez à 1H du matin à écrire des textes sur mon pc devant mon bol de Chocapic hein ?  ouais bah vous n’auriez pas tellement tort à vrai dire ).
Mais je vais quand même vous raconter une petite anecdote avant d’en venir au jour où j’ai changé mon nom.

Je devais avoir 14 ou 15 ans et  j’étais sorti avec une copine (juive).
A la fin de la soirée, son père vient la prendre en voiture et s’arrête pour discuter un peu avec moi :
– Tu t’appelles comment ?
( ça ressemblait plus à un interrogatoire qu’à qu’une discussion )
– euh, Yoram.
– Yoram comment ?
– Yoram Cohen.
Et d’un coup je vois ses yeux s’illuminer tels la tour Eiffel le 14 juillet.
Le mec sort de sa bagnole et me fait :
– Un Cohen ! Super, tu vas pouvoir me bénir.

La minute culture juive :
( en partenariat avec radio Shalom et mémé Hélène )

Dans la pyramide de Kelsen des juifs,  il y a :
au sommet les COHEN ( qui sont tous descendants de Aaron, le frère de Moise, membre du clergé  à l’époque du temple),
ensuite les LEVY,
et les autres qui jouent dans la Vérité si je mens ou font les clowns sur TF1.
D’après la Torah, les Cohen ont des règles spécifiques que les autres juifs n’ont pas à suivre.
Tel que :
bénir le peuple à la synagogue, monter en premier à la Torah, ne pas s’approcher d’un mort et d’autres trucs top secret.

Bref, revenons-en au père juif qui me demande de le bénir :
– Un Cohen ! Super, tu vas pouvoir me bénir, dit-il en me tendant sa tête.
Moi je suis un peu mal à l’aise, je sais pas trop ce que je dois faire.
J’ai envie de lui dire que ça se fait pas sur commande ce genre de truc….
Alors je lui réponds :
– Bah on est en plein milieu de la rue là, et puis j’ai même pas de kippa…
Le mec me sort une kippa de sa poche et me la fout sur la tête.
– Voila ! Allez, va-y bénis moi maintenant.
Je suis de plus en plus embarrassé, déjà qu’a la synagogue je galère pour le faire alors comme ça à l’improviste…
Mais le papa est déterminé, il prend mes mains et les fout sur sa tête.
Mince !
Je suis piégé, j’ai plus trop de le choix là.
Je jette un coup d’œil à sa fille dans la voiture qui me regarde, perplexe.
Est-elle plus embarrassée pour moi ou pour elle ?
Toujours est-il, que si je veux la revoir, va falloir que j’assure le coup.
Alors je commence….

Je ferme les yeux pour faire style que je me concentre et qu’il n’a pas intérêt à m’interrompre sinon ça va barder.
Je débute par l’introduction en hébreu :
Barouch hachem…(béni sois Tu…)
puis j’enchaîne avec la prière sur les gâteaux parce que c’est la seule que je connaisse pas cœur.
Puis je murmure une petite récitation en latin aucun rapport, et je finis par un sort que j’avais lu dans Harry Potter.
Je ne vous cache pas que j’ai commencé à me prendre au jeu, car ça rendait vraiment pas mal.
A la fin de la bénédiction, j’enlève doucement mes mains de sa tête.
Le mec, toujours les yeux fermés, me fait :
– C’est bon ?
Je lui réponds :
– Oui c’est bon, tu peux ouvrir les yeux, avec l’étrange impression d’avoir joué au facteur n’est pas passé.
Il me remercie 100 fois et me sert dans ses bras.
Je remarque sa fille qui me sourit, mission accomplished.

Tout ça pour dire que s’appeler COHEN c’est plutôt cool…
jusqu’au jour où….

J’ai commandé un chauffeur sur UBER pour rentrer chez moi.

ça sera au prochain article.

N’oubliez pas de sourire 🙂

 

Manger dans un resto casher

Chez tonton Daniel 

Juste au nom, je savais bien que ça allait être un repas comme à la maison.
Et quand je vais dans ce genre de resto,  je me dis que si c’est pour que ça soit « comme à la maison », alors mieux valait peut-être rester chez moi…
Enfin bon j’y suis, j’y suis.pizza2

Quand je pousse la porte du restaurant, j’ai l’impression d’arriver dans une cantine d’école.
Tout le monde essaie de parler plus fort que son voisin; comme si savoir ce que Déborah portera à son mariage est plus important que de savoir comment étaient les vacances de Tonton Maurice à Deauville.
Je remarque assez vite le patron ( et serveur ) au niveau des caisses; il parle avec un client de l’antisémitisme.
Je pense qu’à ce niveau-là de la description, vous êtes dans l’ambiance.

Je lance un bonjour bien fort, mais il n’en a rien à foutre car il parle de choses importantes.
Je m’assois donc et attends sagement qu’il finisse la conversation.
Après 10 minutes je commence à m’impatienter et envisage sérieusement de faire la roue ou une chorégraphie de Just dance pour attirer son attention.
Mais juste avant de me lancer il me voit enfin et fait :
– Alors, tu veux quoi ?
A ce moment précis, j’ai une petite pensée pour les « quelques bulles de champagne » du café français.
J’aime pas les gens qui me tutoient au prétexte qu’on partage la même croyance en la Genèse alors qu’on ne se connaît ni d’Adam ni d’Ève.
– Une Margherita s’il te plaît.
– Ça roule !

Et puis d’un coup, un mec vient me demander :
– Fréro, le pain de la pizza c’est Mezonot ou Motsi ?
Et j’ai envie de lui répondre que je suis pas rabbin et que j’men fous, je veux juste manger ma pizza tranquille.

La minute culture juive :
( en partenariat avec la dafina et Woody Allen )

La prière à faire avant de manger est différente si c’est du pain ou du gâteau.
Or (et c’est là où ça se complique) la barrière est fine entre une pâte destinée à vivre une vie de pain ou une vie de brioche.

Après 5 minutes le cuisto vient me faire une confidence au creux de l’oreille :
– J’ai une pizza prête que j’ai faite pour rien, ça te dirait pas de la prendre ?
– Bof c’est quoi comme pizza ?
– Une pizza anchois, œufs et aubergines.
– Bah non, j’aime pas trop ça moi…
– Allez fais moi plaisir, c’est très bon j’te jure. Et puis c’est baal taashrit de jeter… ( mot hébreu qui veut dire : c’est du gâchis de jeter de la nourriture, c’est même un principe éthique de la Torah )
Là je suis un peu embêté, j’ai honte de dire non et puis si c’est baal taashrit…
Je me sens même un peu coupable pour tout dire.
– Bon bah ok c’est bon, je vais la prendre …

Et voilà comment je ressors du resto en ayant mangé une pizza que je n’aimais pas.

N’oubliez pas de sourire 🙂

 

La différence entre manger dans un resto casher et manger dans un bon resto français bien classe

Mon titre laisse peu de place au doute, mais je n’ai jamais été très bon pour distiller le suspense.

Le café français place de la bastille.

Quand j’ai ouvert la porte du restaurant, j’ai eu l’impression de rentrer dans une version 2.0 de ma vie.
Une version améliorée où ça sentait bon où les gens étaient gentils et beaux, le genre d’endroit où je pouvais dire publiquement :
Il fait bon vivre ici.
C’était calme et reposant, l’ambiance était feutrée, la vie en était colorée.

A contrario, quand je rentre dans le RER B le samedi soir, j’ai l’impression de rentrer dans une version détériorée de ma vie.
Passer par Châtelet le samedi soir, c’est un peu comme passer la porte de Stargate, je ne sais pas trop sur qui je vais tomber.
Je croise des gens fous mais en liberté.
Et je me demande,
comment cette personne a-t-elle gagné sa liberté ?
Qui était le « panel d’experts » qui a jugé bon de dire qu’un mec qui lèche la vitre du RER les yeux exorbités n’est pas un risque pour l’ordre public ?
Était-ce le même panel qui a considéré Pierre Bodein et Gerald Shaefer comme des garçons sympathiques et attachants ?
Ou peut-être a-t-il simplement tué l’expert en question avant de s’évader ?
Je… Je sais pas.
Quand je vois des personnes se bagarrer pour une place je me dis que le RER c’est l’échec de la civilisation.
C’est un lieu qui possède sa propre législation, sous terrain les lois ne sont plus les mêmes ( Redites-le avec une voix grave un peu enrouée et vous tenez l’accroche d’un film d’horreur… )

Bref, revenons-en au restaurant.
Une fois le palier franchi, une personne sortie tout droit d’une agence de mannequins vient nous accueillir.blonde-mannequin-lingerie-ex-de-leonardo
Grande, souriante, belle belle belle comme le jour, belle belle comme l’amour.
( Je vous explique, à chaque fois que je tombe amoureux, j’ai la chanson de Claude François qui se lance dans ma tête )
La fille nous propose de nous accompagner jusqu’à la table et j’ai presque envie de lui chanter  » J’irai où tu iras, mon pays sera toi… ».
Une fois à table un type en costumes trop de pièces vient nous proposer  » quelques bulles de champagne ».
Après cette petite introduction, je commande un « saumon rôti label rouge et haricots verts. »
Au moment où mon palais goûte le plat, j’ai une révélation tel Moise sur le mont Sinaï.
Je comprenais enfin ce que voulait dire Cyril Lignac quand il parlait :
de raconter une histoire, d’émotion et de sensibilité dans une assiette.

Et je vais vous dire, le plus dur dans ce genre d’endroit c’est d’en sortir.
Je voulais plus voir le monde, le petit peuple dehors, les pâtes à l’eau, les sandwichs Monoprix ( ils sont vraiment degueu’ ces sandwichs en triangles, j’ai l’impression que même quand je les mange, ils restent en triangles dans mon ventre ).
J’étais bien, je voulais rester avec le saumon, les haricots croustillants, les filles souriantes et Claude François.

Je parlerai du resto casher au prochain article car celui-là est bien plus long que je ne le pensais.

PS : en fait je me débrouille pas si mal pour distiller le suspense 😉

N’oubliez pas de sourire 🙂

 
 
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