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Déjà 3 mois

Déjà 3 mois et je ne comprends pas.
J’avais écrit quelques statuts Facebook sous le coup de l’émotion.
Quelques mots désordonnés pour essayer de donner du sens.images

Déjà 3 mois et j’ai pas oublié non.
Et pourtant, je continue à vivre comme si de rien n’était.
Je retourne manger dans les restos casher avec la faim plutôt que la peur au ventre.
Je dis bien comme si de rien n’était…
Car bien sûr que les choses ont changé.
Devant ma synagogue il y a 4 mecs armés comme si c’était le siège de la CIA.
Y’a rien de fou à l’intérieur :
une Torah, des livres de prières, un peu de bouffe, un baby foot, une table de ping-pong.
Et quand je vois ma petite synagogue de Cachan protégée comme une prison j’ai bien peur que nos prières y reste coincées.
A l’intérieur, il manque un sourire, il manque une personne à qui je disais Shabbat shalom le vendredi soir.
C’est aussi simple que cela.

Déjà 3 mois, et j’ai l’impression qu’un drame en efface un autre.
Ma tête comme un tableau Veleda sur lequel on écrirait d’un feutre indélébile une atrocité sur l’autre.
Je suis Charlie, je suis juif, je suis flic, je suis A 380, je suis chrétien d’orient,   je suis Kenyan, je suis bleu ou jaune ?
Je suis perdu.

Et puis surtout…
Comment peut-on persister à appeler un meurtre de masse un suicide ?
Le suicide par definition c’est mettre fin à SA  vie, pas à celle des autres.
Je pense à ces personnes rentrées dans l’avion en mettant inconsciemment leur vie entre les mains du co-pilot.
Alors que lui a consciemment mis la sienne au dessus des leurs.
Mais il était dépressif !
Mais sa copine l’a quitté !

Avant l’amour donnait des ailes, apparemment la dépression les reprend.
Peut-être avait-il mal compris le principe du suicide assisté ?
Qu’on ne me fasse pas croire que le suicide est un appel au secours…
Le co-pilot était-il sourd aux cris des autres ?

Déjà 3 mois et je comprends toujours pas.
Primo Levi disait que comprendre c’est excuser.
Alors non je comprends pas.
Et c’est sûrement mieux ainsi.

 
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Publié par le 7 avril 2015 dans Chroniques

 

Tinder surprise

J’ai téléchargé Tinder.
Je vous laisse jeter un œil sur Google pour ceux qui ne connaissent pas avant de commencer.Tinder_machine (1)
J’ouvre l’application et je fais ce qui est demandé :
je mets les belles d’un côté et les moches de l’autre avec la curieuse impression d’être un ministre nazi démontrant  pourquoi l’eugénisme est essentiel au troisième Reich.
Je ne me sens pas plus coupable que ça.
Je me prends pour un roi sorti d’un conte des 1001 nuits qui choisirait sa reine dans un Harem.
Ou un proxénète qui choisit son coup.
Tout est question d’interprétation vous savez ( demandez aux frères Kouachi).
Je passe pas plus de 1 seconde par photo, on gagne en rapidité ce qu’on perd en romantisme.
Puis je me fais cette réflexion :

Que se passerait-il si je me mariais un jour avec une fille rencontrée sur Tinder ?
Imaginons que mon fils me demande un jour :

– Euh papa on peut parler. J’aurais besoin d’un conseil en fait…
( y’a des chances que je réponde :
Va demander à maman !
Mais c’est une fiction, imaginons donc que je sois un bon père de famille )
– Bien sûr fiston, il se passe quoi ?
– Bha voilà, en fait je suis amoureux d’une fille et je sais pas comment faire pour… Enfin tu sais… J’la connais pas mais j’l’aime bien et j’aimerais bien qu’elle m’aime bien aussi en retour.
( alors oui, mon fils aura quelques petits problèmes de syntaxe, mais c’est ce qui fera tout son charme)
– Mmh je vois… Elle vaut le coup au moins ?
– Bha elle me plait quoi c’est suffisant…
– Malheureusement oui c’est suffisant…
– D’ailleurs papa, dis-moi comment t’as rencontré maman toi ?

Et à ce moment là deux possibilités s’offrent à moi :

– J’ai conquis son cœur, mais j’étais à un doigt  de la perdre à tout jamais.
( je m’en sors honorablement )

ou

– J’étais aux toilettes et j’ai vu ta maman en photo sur Tinder… Bon la photo était trouble et en noir et blanc mais elle avait l’air aarchhiiiii bien fichu donc je l’ai mise du côté des bonnasses. Allez, finis ton steak maintenant.

J’ai supprimé Tinder.

N’oubliez pas de 🙂

PS : je brise un tabou mais les garçons mettent toutes les filles du côté  » des biens » sur Tinder car  » on sait jamais ».
Moi ma copine ne sera pas « on sait jamais » je vous l’assure.

 
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Publié par le 3 avril 2015 dans Chroniques

 

J’ai couru un semi

Je n’ai jamais été quelqu’un de sportif.
Je me souviens qu’en terminale, je m’asseyais au milieu du stade et je lisais mon bouquin pendant que mes camarades couraient.
Je les regardais avec scepticisme.
Il faut être fou, ou carrément maso pour se lever le matin dans le froid et courir en rond.

Puis j’ai voulu changer.
Pourquoi ne serais-je pas quelqu’un de sportif après tout ?

J’ai commencé par courir 15 minutes.image1
Puis 30 minutes.
Puis je me suis inscrit à mon premier 10 kilomètres.
Puis mon premier semi.
Si je peux courir 5, je peux courir 10, si je peux courir 10 je peux courir 15, si je peux 15 je peux 20.
J’ai rejoint des groupes de running pour rester motivé et j’ai rencontré des personnes adorables.
J’y allais juste après les cours pour revoir des amis.
Courir n’était plus qu’accessoire.
J’ai débattu de tout et de rien le long de la Seine après les cours.
J’avais l’impression d’être Superman :
étudiant le jour, coureur la nuit.

Je me suis entraîné seul aussi, car les groupes ne suffisent pas.
Qu’il pleuve ou qu’il vente.
Faut pas se poser trop de questions, sinon tu sors pas de la maison.
Je ne compte plus le nombre de podcasts d’histoire que j’ai écoutés…
Franck Ferrand ne le sait peut-être pas mais il a bercé ma réussite.
Tout comme Bob Marley, David Guetta et Drake.
Il faut s’entraîner, rester motivé, et aussi quelque chose d’autre.
Ce petit quelque chose qui fait la différence.
L’acharnement.
Ce brin de folie qui ne te fait pas lâcher, même si t’as mal.

J’ai l’impression que courir est la seule chose « folle » socialement admissible.
Tu cours sans raison et personne ne te calcule pour la simple raison que t’es en basket.
Quand tu cours, tu cours vers un toi meilleur.
C’est une merveilleuse métaphore de la vie.
Ne rien lâcher, s’entraîner, échouer, recommencer, douter, croire, réussir.
Chaque run est un combat.
Un combat entre ta volonté et le doute.
Le doute c’est cette petite voix sournoise qui te fait :
t’es pas fait pour ça, tu n’y arriveras pas, t’es pas assez fort, t’as mal, t’es fatigué…
La volonté te dit :
ta force elle vient de moi, t’es le meilleur, tes jambes supporteront la douleur je t’assure.
Plus tu cours, plus ta volonté gagne de la place au détriment du doute.
Plus je courais et plus je détruisais la gueule du doute.

Puis hier, me voilà enfin au semi.
Comme des milliers de personnes je suis là pour faire taire le doute.
Tous ces entraînements pour ce jour-J.
Je stresse c’est vrai, et le doute est bien là sur la ligne de départ.
Mais je suis prêt.
Je pense pas au 21k non, je pense au bout de la rue.
Je dois aller au bout de la putain de rue à chaque fois.
Ma volonté m’emmène jusqu’au 15em, et mes jambes prennent le relais jusqu’à l’arrivée.
Dans les derniers kilomètres il y a de plus en plus de personnes par terre, entourées du Samu.
Ne les regarde pas Yoram, regarde devant toi, toujours devant toi.
Quand je cours je vois la foule qui m’encourage, qui me porte, qui m’emporte.
Je ne peux pas m’arrêter.
Je ne suis pas seul, il y a ces personnes avec moi.
Des anonymes me sourient et me crient :
Va-y Yoram lâche rien, jusqu’au bout !
Un gosse nous accompagne et court avec nous sur 100 mètres.
Des enfants me tapent dans la main avec un grand sourire.
Je représente plus que ma petite personne, et ces personnes le savent je pense.
C’est pour ça qu’ils sont là aussi.
Tous ces coureurs…
On représente l’espoir.
L’espoir que tout est possible, tout.
Il suffit juste d’aller de l’avant, juste au bout de la rue.

N’oubliez pas de courir. 😉

 
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Publié par le 8 mars 2015 dans Chroniques

 

Ego trip

Je me suis offert le dernier Iphone pour le nouvel an.
J’accumule les pixels avec la bonne résolution d’améliorer la mauvaise image de moi-même.
Je peux désormais dire tout ce que je pense sur Twitter mais j’suis rarement capable de penser ce que j’dis.
Je préfère parler à un connard à l’autre bout du monde plutôt qu’à la personne à côté de moi.
Et puis surtout, je prends tout en photo.
Tout et surtout n’importe quoi.
Hier, j’ai pris mon bol de Chocapic.
Est-ce que j’essaie de dire  :facebook-ego
moi je mange et pas toi ?
Je sais pas.
J’ai l’impression d’être de plus en plus proche de moi, et de moins en moins proche des autres.
J’existe que dans vos yeux.
S’il vous plait….
Regardez-moi !
Je ferai tout pour que l’on croit que j’ai une GRANDE vie.
Grande vie qu’on pourrait pourtant résumer en quelques petits mots clés.
N’est-ce pas ironique sachant que…
Les portes de chez moi sont fermées à double tour, alors que celles de ma vie privée sont grandes ouvertes.
Je deviens star de ma propre vie avec quelques photos filtrées.
A chercher mon meilleur profil, j’ai plus personne à qui m’identifier.
Alors je deviens mon propre héros, comme Spiderman je saute de mur en mur.
Un dernier jeu de mot et promis, j’arrête la métaphore filée.
Je cherche à me faire un nom sur la toile alors que je sais qu’un jour des Anonymes la détruiront.
Il y a 20 ans des murs tombaient, 10 ans après d’autre s’érigent.
Facebook est mon miroir, Twitter la voix off de ma vie.
J’existe que dans vos yeux.
S’il vous plait….
Regardez-moi !
S’il vous plait…
Ecoutez-moi !
Au fait,
Qu’est-il arrivé à celle qui disait :
miroir miroir dis-moi qui est la plus belle ?
Je me demande si je vais un jour comprendre.
Que j’existe.
Que vous le vouliez ou pas.

N’oubliez pas de sourire 🙂

 

 
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Publié par le 26 février 2015 dans Chroniques

 

La fois où j’ai cru finir comme Ilan Halimi

Ça faisait 6 mois que j’utilisais UBER et je n’avais jamais eu de problème.
Jusqu’au jour où j’ai sérieusement eu peur.
Je m’en rappelle comme si c’était hier… 931427

C’était une journée pluvieuse et j’avais la flemme de rentrer en RER.
En plus, je venais de recevoir mon salaire et je me prenais pour Nasser Al-Khelaifi.
Bref, j’avais commandé un Uber pop en face de la piscine.
Le mec m’appelle :
– ouais allô t’es où ?
J’ai déjà parlé du tutoiement et à quel point ça me déplaisait…
– Euh bonjour, je suis en face de la piscine.
– Ouais ok, tu peux pas venir à coté, juste en face du RER.
– Bha non le principe d’un chauffeur c’est qu’il vienne te chercher.
– Va y là… bon ok je viens.

A ce moment je me dis que le mec est chelou.
Mais bon, c’est souvent des jeunes qui conduisent chez Uber donc y’a pas de quoi s’inquiéter.
Puis je vois arrivé une GROSSE Mercedes noire avec du rap débordant de la carrosserie.
A l’intérieur, un jeune de 25 ans avec des lunettes de soleil.
Un peu cliché mais bon…
La jeunesse n’est plus ce qu’elle était.
Je monte dans la bagnole et le mec me fait :
– Tu pouvais pas te bouger Cohen ?
Le ‘cohen’ prononcé dans sa bouche me refroidit direct et je commence à flipper.
Je réponds :
– Bha non…
Il murmure :
– Arrête tes conneries.
– Pardon ?
– Nan rien.
Il avance un peu en voiture et coupe le contact.
Moi d’instinct, je mets ma main sur la poignée en espérant qu’il verrouille pas les portes.
Et dans une scène surréaliste, le mec sort de sa caisse et vient ouvrir ma portière pour me dire  :
-Elle est jolie ta veste
( petite minute GQ :
c’est une veste en cuir que j’ai acheté chez All Saints au marais, collection 2014, et oui elle est franchement sympa, surtout les boutons sur le c… pardon je m’égare )
Quand il me dit ça, je crains qu’une chose, c’est qu’il me sorte un calibre.
Je sors rapidement de la caisse et lui fais :
– Je comprends pas y’a un souci ? T’es bizarre un peu…
– Non y’a pas de soucis Cohen , va-y remonte dans la bagnole j’te ramène chez toi.
Et je vous jure que dans ses putain de yeux, les choses étaient pas nets.
Alors je fais :
– Non c’est bon je vais me débrouiller.
Et je me barre.

Je rentre chez moi un peu secoué.
C’est triste à dire ( mais plus rien ne m’attriste laisse moi partir… ) mais j’ai pas le choix.
Non.
J’ai plus le choix.
Je dois changer mon nom.
On ne sait pas sur qui on peut tomber et j’ai pas envie de prendre des risques.
Il me faut une nouvelle identité.
je suis…
JASON BOURNE.
Ouais bon…

Je me connecte sur le site d’UBER et en 2, 3 clics me voilà devant ma future identité.
Je réfléchis quelques minutes car c’est pas tous les jours qu’on a la chance de changer son identité.
quel nom pourrais-je bien prendre ?…
Un nom français ?
Gautier ?

C’est pas mal Gautier, comme les parfums.
Yoram Gautier je suis fou moi.
je vais finir skizo’ c’est pas possible.
Ah mince, il faut que je change mon prénom aussi…
Je prends le bouquin que je suis en train de lire et jette un œil au prénom du personnage principal :
Mathieu ?
J’ai pas une gueule de Mathieu, mais bon.
ça fera l’affaire.
Mathieu Gautier…
Naaa, je suis pas convaincu, je peux mieux faire.

Et pourquoi pas Garnier ?
Comme les shampoings …
Ça claque Garnier, j’ai toujours aimé comment le mec disait le nom à la fin de la pub avec une voix grave.
GARNIER.
Il disait ça avec la fille venant de l’espace en background tellement douce et précieuse et la chanson choubizouzouuuuuuuuuu.
Cette pub est incroyable, je la poste à la fin pour que vous puissiez vous faire votre propre opinion et qu’on puisse en parler lors d’une soirée débat ( cette phrase est incroyablement longue et mal construite).
Y’a pas de shampoings avec un nom juif.
C’est moins glamour…
Vous imaginez :

                Qui prend soin de moi ? Benshoukroun.

Mathieu Garnier c’est vraiment pas mal.
Puis d’un coup je pense à quelque chose de capital.
Ma tête.
Je suis….
Je veux dire on voit bien que je suis pas…
Je suis quand même très…
Vous m’avez compris.
Garnier avec ma tête, ça passe pas une seconde.

un nom rebeu ?
Un feuj qui se prend pour un rebeu, non mais y’a plus de respect là.

Ah mais je sais !
Je le tiens mon nom !

Hier j’ai pris Uber et quand le chauffeur arrive il me fait :
– Bonjour Mr Lopez
Je souris :
– Bonjour. ( THUG LIFE )

Mais maintenant que j’ai une fausse identité, c’est assez drôle de voir ce que certains chauffeurs peuvent me raconter…
J’en parlerai la prochaine fois.

P.S  : ‘Faut que je me lance dans l’écriture de thriller moi !

N’oubliez pas de sourire 🙂

choubizoubizouuu

 
 

La première fois où j’ai eu peur d’être juif

J’ai jamais eu peur ou honte d’être juif.
Au contraire, je suis le genre de gars à le dire dés le début histoire d’être sûr qu’il n’y ait pas de bonne ou mauvaise surprise.
Et pourtant, hier j’ai fait quelque chose que je n’aurais jamais pensé faire avant…
J’ai changé mon nom.Din6165_9899

COHEN.
J’ai toujours aimé mon nom.
J’en étais fier.
Déjà que j’étais pas peu fier de l’histoire de mon peuple…
Inventeur du monothéisme, une royauté emblématique, Superman, Israël,  Menahem Mendel Schneerson, Einstein, mon docteur (et le tiens aussi je parie), Cyril Hanouna, David Guetta, Jésus qui marche sur l’eau, Moise qui la traverse.
Je sais pas comment j’ai mélangé tout ça, mais c’est un beau bordel dans ma tête si vous ne l’aviez pas encore remarqué sur ce blog.
Alors mon nom, j’en suis encore plus fier.
Je vous pose la question :
Si vous aviez le choix entre confier votre fric à un Madoff ou à un Cohen, qui choisiriez-vous ?
COHEN c’est un label de qualité, c’est élu produit de l’année Cohen, un peu comme les poulets, c’est une appellation d’origine contrôlée.
On connait tous un Cohen sympathique :
Sacha Baron, Leonard, Seth,  Patrick, Jean-Michel, Les frères, Harlan ( qui était bien Cohen à l’origine… ).
Quand tu t’appelles Cohen tu as conscience de ta responsabilité.
Il y a une dynastie derrière toi, tu ne peux pas décevoir.

J’ai tellement d’histoires à raconter à propos de mon nom que je pourrais y passer la nuit.
Mais je sais que votre temps est précieux ( alors que le mien… Vous m’imaginez à 1H du matin à écrire des textes sur mon pc devant mon bol de Chocapic hein ?  ouais bah vous n’auriez pas tellement tort à vrai dire ).
Mais je vais quand même vous raconter une petite anecdote avant d’en venir au jour où j’ai changé mon nom.

Je devais avoir 14 ou 15 ans et  j’étais sorti avec une copine (juive).
A la fin de la soirée, son père vient la prendre en voiture et s’arrête pour discuter un peu avec moi :
– Tu t’appelles comment ?
( ça ressemblait plus à un interrogatoire qu’à qu’une discussion )
– euh, Yoram.
– Yoram comment ?
– Yoram Cohen.
Et d’un coup je vois ses yeux s’illuminer tels la tour Eiffel le 14 juillet.
Le mec sort de sa bagnole et me fait :
– Un Cohen ! Super, tu vas pouvoir me bénir.

La minute culture juive :
( en partenariat avec radio Shalom et mémé Hélène )

Dans la pyramide de Kelsen des juifs,  il y a :
au sommet les COHEN ( qui sont tous descendants de Aaron, le frère de Moise, membre du clergé  à l’époque du temple),
ensuite les LEVY,
et les autres qui jouent dans la Vérité si je mens ou font les clowns sur TF1.
D’après la Torah, les Cohen ont des règles spécifiques que les autres juifs n’ont pas à suivre.
Tel que :
bénir le peuple à la synagogue, monter en premier à la Torah, ne pas s’approcher d’un mort et d’autres trucs top secret.

Bref, revenons-en au père juif qui me demande de le bénir :
– Un Cohen ! Super, tu vas pouvoir me bénir, dit-il en me tendant sa tête.
Moi je suis un peu mal à l’aise, je sais pas trop ce que je dois faire.
J’ai envie de lui dire que ça se fait pas sur commande ce genre de truc….
Alors je lui réponds :
– Bah on est en plein milieu de la rue là, et puis j’ai même pas de kippa…
Le mec me sort une kippa de sa poche et me la fout sur la tête.
– Voila ! Allez, va-y bénis moi maintenant.
Je suis de plus en plus embarrassé, déjà qu’a la synagogue je galère pour le faire alors comme ça à l’improviste…
Mais le papa est déterminé, il prend mes mains et les fout sur sa tête.
Mince !
Je suis piégé, j’ai plus trop de le choix là.
Je jette un coup d’œil à sa fille dans la voiture qui me regarde, perplexe.
Est-elle plus embarrassée pour moi ou pour elle ?
Toujours est-il, que si je veux la revoir, va falloir que j’assure le coup.
Alors je commence….

Je ferme les yeux pour faire style que je me concentre et qu’il n’a pas intérêt à m’interrompre sinon ça va barder.
Je débute par l’introduction en hébreu :
Barouch hachem…(béni sois Tu…)
puis j’enchaîne avec la prière sur les gâteaux parce que c’est la seule que je connaisse pas cœur.
Puis je murmure une petite récitation en latin aucun rapport, et je finis par un sort que j’avais lu dans Harry Potter.
Je ne vous cache pas que j’ai commencé à me prendre au jeu, car ça rendait vraiment pas mal.
A la fin de la bénédiction, j’enlève doucement mes mains de sa tête.
Le mec, toujours les yeux fermés, me fait :
– C’est bon ?
Je lui réponds :
– Oui c’est bon, tu peux ouvrir les yeux, avec l’étrange impression d’avoir joué au facteur n’est pas passé.
Il me remercie 100 fois et me sert dans ses bras.
Je remarque sa fille qui me sourit, mission accomplished.

Tout ça pour dire que s’appeler COHEN c’est plutôt cool…
jusqu’au jour où….

J’ai commandé un chauffeur sur UBER pour rentrer chez moi.

ça sera au prochain article.

N’oubliez pas de sourire 🙂

 

Manger dans un resto casher

Chez tonton Daniel 

Juste au nom, je savais bien que ça allait être un repas comme à la maison.
Et quand je vais dans ce genre de resto,  je me dis que si c’est pour que ça soit « comme à la maison », alors mieux valait peut-être rester chez moi…
Enfin bon j’y suis, j’y suis.pizza2

Quand je pousse la porte du restaurant, j’ai l’impression d’arriver dans une cantine d’école.
Tout le monde essaie de parler plus fort que son voisin; comme si savoir ce que Déborah portera à son mariage est plus important que de savoir comment étaient les vacances de Tonton Maurice à Deauville.
Je remarque assez vite le patron ( et serveur ) au niveau des caisses; il parle avec un client de l’antisémitisme.
Je pense qu’à ce niveau-là de la description, vous êtes dans l’ambiance.

Je lance un bonjour bien fort, mais il n’en a rien à foutre car il parle de choses importantes.
Je m’assois donc et attends sagement qu’il finisse la conversation.
Après 10 minutes je commence à m’impatienter et envisage sérieusement de faire la roue ou une chorégraphie de Just dance pour attirer son attention.
Mais juste avant de me lancer il me voit enfin et fait :
– Alors, tu veux quoi ?
A ce moment précis, j’ai une petite pensée pour les « quelques bulles de champagne » du café français.
J’aime pas les gens qui me tutoient au prétexte qu’on partage la même croyance en la Genèse alors qu’on ne se connaît ni d’Adam ni d’Ève.
– Une Margherita s’il te plaît.
– Ça roule !

Et puis d’un coup, un mec vient me demander :
– Fréro, le pain de la pizza c’est Mezonot ou Motsi ?
Et j’ai envie de lui répondre que je suis pas rabbin et que j’men fous, je veux juste manger ma pizza tranquille.

La minute culture juive :
( en partenariat avec la dafina et Woody Allen )

La prière à faire avant de manger est différente si c’est du pain ou du gâteau.
Or (et c’est là où ça se complique) la barrière est fine entre une pâte destinée à vivre une vie de pain ou une vie de brioche.

Après 5 minutes le cuisto vient me faire une confidence au creux de l’oreille :
– J’ai une pizza prête que j’ai faite pour rien, ça te dirait pas de la prendre ?
– Bof c’est quoi comme pizza ?
– Une pizza anchois, œufs et aubergines.
– Bah non, j’aime pas trop ça moi…
– Allez fais moi plaisir, c’est très bon j’te jure. Et puis c’est baal taashrit de jeter… ( mot hébreu qui veut dire : c’est du gâchis de jeter de la nourriture, c’est même un principe éthique de la Torah )
Là je suis un peu embêté, j’ai honte de dire non et puis si c’est baal taashrit…
Je me sens même un peu coupable pour tout dire.
– Bon bah ok c’est bon, je vais la prendre …

Et voilà comment je ressors du resto en ayant mangé une pizza que je n’aimais pas.

N’oubliez pas de sourire 🙂

 
 
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